Partager l'article ! pour préparer notre atelier du 20 avril: Un enjeu de taille L’avenir de notre système de retraite est au cœur de ...
mardi 29 mai 2012
de 18h45 à 21 h à Auxerre,
salle Anna, maison Paul Bert
analyse des réponses à notre questionnaire faites par les candidat-e-s aux législatives dans l'Yonne
AVA pour Atelier Vérité sur l'Argent;
89 pour le département de l'Yonne.
L’AVA-89 souhaite apporter sa contribution aux réflexions sur la nécessité d’une refondation de l’économie.
L’AVA-89 ne se substitue pas aux organisations syndicales ou politiques. Elle ne s’immisce pas dans les débats, les réflexions internes des partis politiques sur les stratégies électorales.
L’AVA-89 n’a qu’un seul objectif : construire un espace commun à toutes celles et tous ceux qui estiment que la question d’une autre utilisation de l’argent est essentielle, que la définition de nouveaux critères d’efficacité des gestions, que la conquête de droits nouveaux pour l’intervention dans les gestions ne le sont pas moins.
L’AVA-89, c’est une association de personnes qui, dans leur diversité, ont décidé de ne pas laisser l’économie dans les mains des seuls « experts ». Elle ambitionne, dans une démarche d’éducation populaire, de développer l’information, la formation, le débat sur le terrain de la politique économique, des choix qui sont faits et des raisons pour lesquelles ils le sont, des moyens permettant un changement du système économique et de la gestion.
L’AVA-89, ça fonctionne comment ?
L’organisation et le déroulement des soirées sont décidés par les participant-e-s. Elles sont préparées par un groupe de travail décidé ensemble lors du choix du thème. Ce groupe de travail pratique l’audition de militant-e-s, d’élu-e-s, de personnalités ayant des compétences sur la thématique qui sera abordée.
C’est où ? C’est quand ?
Les réunions de l’atelier se déroulent tous les deux mois environ, le mardi à Auxerre.
Pour des raisons techniques, les documents, fiches et autres comptes rendus de l'atelier seront publiés sous forme d'articles, et repérés dans les catégories conrrespondantes.
Ci-dessous, vous ne trouverez donc qu'une partie de nos "archives".
Un enjeu de taille
L’avenir de notre système de retraite est au cœur de l’actualité sociale et politique. A n’en pas douter, par son contenu et son ampleur, la réforme que préconisera le gouvernement et voulue par le Medef modifierait le visage de la société française, elle aboutirait à un recul de civilisation.
L’enjeu est de taille.
L’Atelier Vérité sur l’Argent (AVA-89) consacrera sa prochaine soirée d’échanges et de réflexion à la question du financement des retraites et de la protection sociale.
Les « mardis de l’atelier » évoluent dans une période où s’exprime le besoin d’approfondir des questions cruciales. Nous souhaitons que ces moments de réflexion sur les problèmes en débat permettent de dégager les enjeux, et d’avancer dans la réflexion collective.
Nous vous invitons à prendre part à cette soirée de l’atelier. Nous sommes prêts à accueillir également tous les ami-e-s de votre connaissance qui seraient intéressés par l’avenir des retraites et de la protection sociale.
Alors, rendez-vous le 20 avril
Pour l’AVA-89, Daniel Picq
Santé
La protection sociale est-elle trop chère ?
Les faits :
- La France dépense 11% de son PIB pour la santé. Un taux voisin de celui de l’Allemagne, du Canada et de la Suisse, moindre que celui des Etats-Unis (16% de son PIB). Etats Unis qui arrivent au 37° rang mondial en termes de qualité et d’efficacité de son système de soins.
- En France, la santé reste l’un des derniers pans de la société à ne pas être entièrement aux mains du privé grâce au système de Sécurité Sociale inventé en 1945 par le Conseil National de la Résistance (CNR). Aujourd’hui les prestations sociales représentent quelques 500 milliards d’euros : une somme qui aiguise les appétits des banques et des assureurs privés.
- Selon l’enquête 2008 du Secours Populaire, 39% des personnes interrogées avaient au moins une fois renoncé à des soins pour des raisons financières.
- L’hôpital public est aujourd’hui en danger : 75% des hôpitaux sont aujourd’hui en déficit (le déficit cumulé atteindrait les 800 millions d’euros). La suppression du bouclier fiscal rapporterait sur une année 550 millions d’euros…
- Pénurie des professionnels de santé : de 8500 médecins formés par an dans les années 70, nous sommes passés à 3500 pendant des années. Aujourd’hui, il y en a 6500 (ce qui est bien loin des 8 à 9000 demandés par le Conseil de l’Ordre des Médecins). Les autres professions de santé ont suivi une évolution similaire. Du coup, des zones rurales ou urbaines comme dans l’Yonne sont devenues de véritables zones blanches, des déserts sanitaires. A la pénurie du secteur libéral est venue s’ajouter la disparition d’hôpitaux de proximité, de maternités…
Peut-on financer les besoins sociaux actuels et à venir ?
Les
faits :
Pour 2009, le montant cumulé des exonérations de cotisations sociales et des pertes de recettes dues au fait que certains revenus (comme la participation, l’intéressement ; les stock options) ne sont pas soumis à la cotisation atteindra 42 milliards d’euros.
Des idées pour financer la protection sociale :
- Ne faut-il pas réaffirmer le principe d’un financement assis sur les cotisations basées sur le salaire, mais qui seraient modulées en fonction de la politique salariale, de l’emploi et de la formation de l’entreprise ?
- Pour répondre à l’urgence, mettre en place une nouvelle cotisation sur les revenus financiers des entreprises (selon les comptes de la nation 2008 de l’INSEE, les entreprises dégagent 357 milliards d’euros de profits bruts et 254,6 milliards de revenus financiers).
Retraites
Les enjeux d’une réforme des retraites
Des réformes qui n’ont rien réglé : Depuis des années, de contre réforme en contre réforme réactionnaire, le droit à la retraite est entamé. Chaque fois on nous dit : »cela ira mieux demain ! » Et chaque fois, un pas de plus est fait dans le sens du recul social.
Les mensonges d’état : Il y a d’abord « la crise » qui obligerait à couper dans les dépenses publiques et de protection sociale pour rééquilibrer les comptes. Il y a aussi « la démographie » : on vit de plus en plus vieux, on fait moins d’enfants, il y a en proportion de moins en moins d’actifs pour payer les retraites. Conclusion : il faudrait donc travailler plus longtemps ; c’est d’ailleurs le choix qui a été fait dans tous les pays européens…
Les faits :
Bilan des contre-réformes des retraites depuis 1993 : déjà plus d’un million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté, et 50% ont une retraite inférieure à 1000 euros. En 1993, la retraite nette moyenne s’élevait à 78% du salaire moyen net. En 2030, elle ne s’élèvera plus qu’à 59% de ce salaire moyen net, si la politique actuelle est poursuivie.
Les défis démographiques et économiques d’une réforme des retraites : le problème démographique ne peut être ignoré. Mais il faut aussi parler des richesses. Le conseil d’orientation des retraites(COR) soulignait en 2001 : « sur 40 ans, la richesse de la France (avec un taux de croissance modéré, de l’ordre de 1,7% par an) devrait doubler en termes réels (hors inflation) ». Avec une augmentation de 1700 milliards d’euros de la richesse nationale, en 2050, comment nous faire croire qu’il est impossible de financer les 200 milliards d’euros supplémentaires (6% du PIB) nécessaires au maintien des retraites telles qu’elles étaient avant les réformes Balladur et Fillon ?
Pour les promoteurs des réformes, s’agit-il de garder « les vieux » au travail, ou de réduire au minimum les pensions de retraite par répartition ? Leur objectif est de laisser le champ libre aux fonds de pension et aux contrats de retraite par capitalisation individuelle proposés par les assureurs. F. Fillon (le 10-07-20009) : « plusieurs solutions sont envisageables… on peut envisager une capitalisation plus grande. » les désastres subis en bourse par les fonds de pensions lors de la crise financière obligent à un peu de retenue (ce sont presque 2000 milliards de dollars placés dans des fonds de pensions qui ont disparu en quelques mois).
Des idées pour financer les retraites
Ne faut-il pas placer l’emploi au cœur du financement des retraites ?
- 1% de masse salariale en plus représente 2,5 milliards d’euros de cotisations en plus pour la protection sociale.
- 1% de taux de croissance réelle supplémentaire, cela représente 2,5 milliards d’euros de cotisations nouvelles.
- 100.000 emplois, ce sont 2 milliards d’euros de cotisations sociales en plus.
Comment parler de l’équilibre des régimes de retraites sans traiter la question du travail, de l’emploi et des salaires ?
Par exemple :
- Résorption de la précarité et insertion des jeunes dans des emplois qualifiés et rémunérés convenablement, ainsi qu’un relèvement du taux d’activité des femmes.
- Sécuriser tous les moments de la vie, de l’entrée des jeunes dans la vie active, en passant par le développement de la formation tout au long de la vie, jusqu’à l’emploi des seniors, participerait à l’avenir du financement des retraites.
- Une réforme de l’assiette des cotisations patronale, en, lien avec le développement des emplois, de la formation et des salaires. Une cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises et institutions financières au même taux de cotisations que les salaires.