prochaine réunion de l'atelier

mardi 29 mai 2012

de 18h45 à 21 h à Auxerre, 

salle Anna, maison Paul Bert

analyse des réponses à notre questionnaire  faites par les candidat-e-s aux législatives dans l'Yonne

L'AVA-89, c'est quoi???

AVA pour Atelier Vérité sur l'Argent;

      89 pour le département de l'Yonne.

L’AVA-89 souhaite apporter sa contribution aux réflexions sur la nécessité d’une refondation de l’économie.

L’AVA-89 ne se substitue pas aux organisations syndicales ou politiques. Elle ne s’immisce pas dans les débats, les réflexions internes des partis politiques sur les stratégies électorales.

L’AVA-89 n’a qu’un seul objectif : construire un espace commun à toutes celles et tous ceux qui estiment que la question d’une autre utilisation de l’argent est essentielle, que la définition de nouveaux critères d’efficacité des gestions, que la conquête de droits nouveaux pour l’intervention dans les gestions ne le sont pas moins.

L’AVA-89, c’est une association de personnes qui, dans leur diversité, ont décidé de ne pas laisser l’économie dans les mains des seuls « experts ». Elle ambitionne, dans une démarche d’éducation populaire, de développer l’information, la formation, le débat sur le terrain de la politique économique, des choix qui sont faits et des raisons pour lesquelles ils le sont, des moyens permettant un changement du système économique et de la gestion.

 L’AVA-89, ça fonctionne comment ?

L’organisation et le déroulement des soirées sont décidés par les participant-e-s. Elles sont préparées par un groupe de travail décidé ensemble lors du choix du thème. Ce groupe de travail pratique l’audition de militant-e-s, d’élu-e-s, de personnalités ayant des compétences sur la thématique qui sera abordée.

 C’est où ? C’est quand ?

Les réunions de l’atelier se déroulent tous les deux mois environ, le mardi à Auxerre.

Pour des raisons techniques, les documents, fiches et autres comptes rendus de l'atelier seront publiés sous forme d'articles, et repérés dans les catégories conrrespondantes.

Ci-dessous, vous ne trouverez donc qu'une partie de nos "archives".

le dossier de l'AVA-89

Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 10:51

 

 Politiques d’austérité en Europe,  « règle d’or » et démocratie?  

 

Document préparatoire à la réunion de l’AVA-89 du 11 octobre 2011

 

Petit lexique :

 

Dette publique : 

Dette contractée par les Etats et les collectivités publiques (en France : les collectivités territoriales et la Sécurité Sociale)

 

Dette souveraine : 

Dette contractée par un Etat

 

Dettes illégitimes : 

Dettes contractées à des conditions inacceptables ; dettes dues à des prêts « inappropriés » consentis à un pays dont on connaît les faibles capacités de remboursement ; ou à des prêts assortis de conditions « inappropriées » engendrant la dégradation économique du pays.

 

Taux d’endettement : 

Rapport entre la dette publique d’un pays et son produit intérieur brut (PIB), c’est à dire la somme des richesses crées en une année.

 

Restructuration de la dette : 

Réexamen des conditions d’émission de la dette afin d’en alléger la charge, en allongeant la durée de remboursement, en abaissant les taux d’intérêt, en effaçant une partie de la dette…

 

Charge de la dette : 

Montant des intérêts de la dette de l’Etat payés chaque année.

 

Service de la dette : 

Intérêts de la dette et fraction du capital à rembourser chaque année.

 

Récession économique:

Diminution temporaire de la production de biens et/ou de services d'un pays. S'observe par une baisse du PIB durant deux trimestres consécutifs.


Dépression économique:

C’est une récession économique sur plusieurs années.

 

Recapitalisation :

C’est l’augmentation de capital d’une entreprise lorsque ses fonds propres sont jugés insuffisants compte tenu de son activité et des risques qu’elle encourt.

 

 

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POUR NOURRIR LA REFLEXION ET LE DEBAT

 

 

 


La dette publique augmente : dans doc 11 10 2011

En France, de 21,2% du PIB en 1978, elle passe à 36% en 1983, pour bondir à 60% en 1998, 63,3% du PIB en 2003, 79% en 2009 puis 82,3% en 2010 (soit 1591,2 milliards d’euros). La seule dette de l’Etat était de 44 milliards d’euros en 1978, et  de 1.101 milliards d’euros fin 2009 (soit une multiplication par 25). 

Tous les pays avancés ont connu le même phénomène avec le passage du financement des dépenses publiques par les banques centrales (par la création monétaire, avec des taux faibles voire nuls) au financement sur les marchés financiers; en France, c’est la loi « Pompidou-Giscard » du 3 janvier 1973 (on évalue à 1.400 milliards d’euros la somme des intérêts ainsi versés).

Les dettes publiques augmentent brutalement en 2008-2009 avec la crise financière. . Dans la zone euro, ce sont 200 milliards qui ont été injectés. En France, après un « plan d’aide à l’investissement » de 26 milliards d’euros, Sarkozy a lancé un « grand emprunt » de 35 milliards d’euros. Cet argent public a été accordé sans aucun changement des critères du crédit et sans contrepartie (emplois, salaires…)

 

Endetté auprès de qui ?

Selon la BCE (2009) la proportion de la dette publique détenue par les non-résidents était de 30% aux USA, 29% au Royaume Uni,  et 8% au Japon. Pour la zone euro, elle était de 53% : soit 85% pour l’Irlande, 75% pour le Portugal, 71% pour la Grèce, 70% pour la France, 56% pour la Belgique, 53% pour l’Allemagne, 44% pour l’Italie pour l’Espagne.

 

Trop de dépenses publiques ? Pas assez de recettes ?

Depuis des années, on nous répète que la France serait « trop dépensière ». Le gouvernement entend donc tailler fermement dans la dépense publique (RGPP, services publics, réforme des collectivités, retraite…). S’il y a lieu de critiquer certaines dépenses et d’exiger que l’argent public soit dépensé d’une façon utile et efficace, il y a aussi à examiner les recettes. tableau-recettes-depenses-France.gif

La crise financière de 2008 a ouvert une période de récession. Cela a des conséquences sociales avec un chômage et une précarité importants. Et donc une demande de dépense publique pour faire face aux besoins irrépressibles (santé, éducation, recherche, accompagnement social…) Mais cela a aussi un impact sur les recettes de l’Etat : ainsi, entre 2008 et 2009, les recettes de TVA sont passées de 159 milliards d’euros à 154.

Dans le même temps, les recettes de l’impôt sur le revenu sont passées 49 à 44,9 milliards suite aux exonérations et autres niches fiscales en faveur des plus hauts revenus.

 Le conseil des prélèvements obligatoires (octobre 2010) a révélé un manque à gagner pour les finances publiques de 172 milliards d’euros en 2010  dû à des exonérations de charges fiscales et sociales aux entreprises.

Selon un rapport officiel d’avril 2010 : depuis 1999, « l’ensemble des mesures nouvelles prises en matière de prélèvements obligatoires ont réduit les recettes publiques de près de 3% du PIB……En l’absence de baisse des prélèvements, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd’hui qu’elle ne l’est en réalité, générant ainsi une économie annuelle de charge d’intérêts de 0,5 point de PIB ».

 

Equilibre budgétaire = bonne gestion ?

 Au 19° siècle, le professeur Leroy Beaulieu a dégagé la « règle d’or des finances publiques » : l’état a le droit d’avoir un déficit tant que ce déficit finance l’investissement public.il est légitime que le coût d’un investissement soit réparti sur l’ensemble des périodes où celui-ci sera utilisé (règle en usage dans les collectivités). Un tel déficit ne pèse pas sur les générations futures puisque celles-ci bénéficieront des investissements réalisés. En France, le déficit autorisé selon cette règle est actuellement de l’ordre de 2,4% du PIB. Certains économistes proposent même que la recherche, l’éducation… soient considérées également comme de l’investissement.

L’endettement n’est pas un problème en soi, seule son utilité doit être questionnée.

 

Austérité, une solution pour sortir de la crise ?

« Pénible et juste » : c’est ainsi que les autorités européennes ont qualifié le plan d’austérité imposé au Portugal : gel des salaires et des pensions, réduction des transferts sociaux, privatisations. Le même traitement de choc avait été imposé à la Grèce pour son 1er « sauvetage » et il n’a rien réglé : le déficit budgétaire s’est creusé, la pression des marchés financiers augmente… au point qu’un second « sauvetage » soit urgent, avec une « troïka » (FMI, UE et BCE) exigeant encore plus d’austérité (baisse des salaires, chômage technique pour 30.000 fonctionnaires…).

 

Austérité, un moyen pour les marchés financiers de profiter de leur crise?

La dette publique est devenue un objet de spéculation au même titre que l’immobilier, les denrées alimentaires, l’énergie. Si les dettes publiques augmentent, il y a beaucoup d’argent qui peut rentrer chez les spéculateurs…à condition que ces dettes soient remboursées (ce risque « justifiant » la hausse des taux d’intérêts…)

 Par ailleurs, l’austérité fait baisser le « coût du travail » et déséquilibre encore le rapport capital-travail. Les privatisations libèrent d’immenses espaces de marchandisation. 

 

La « règle d’or » de N. Sarkozy

Après le « pacte euro + », il s’agirait d’inscrire dans la Constitution un objectif de solde nul des finances publiques et l’obligation pour les gouvernements futurs de s’engager sur l’évolution des soldes publics ; de constitutionnaliser le libéralisme et l’austérité. Il y aurait une grave remise en cause de notre démocratie puisque le peuple français et à ses représentants seraient privés de leur droit inscrit dans la Déclaration des Droits  de l’Homme et du Citoyen de 1789 « de constater la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer l’assiette, le recouvrement et la durée. ».

 

Sortir du cercle vicieux de la crise de la dette?

L’UE, la BCE et le FMI travaillent à « rassurer les marchés financiers ». Le Fonds Européen de Stabilité Financière (FSEF) a été doté en mai 2010 de 440 milliards d’euros pour reprêter aux états en difficulté de l’argent qu’il emprunte sur les marchés financiers, avec la garantie de chaque pays membre de l’euro. Ce fonds pourrait être abondé, voire transformé… 

Certains parlent de la création d’ « euro-obligations ».

D’autres parlent de « désarmer les marchés financiers »: réduire les tailles des grands groupes tout puissants, séparer les activités banque de dépôts-banque d’investissement ; créer un pôle public, bancaire et financier au niveau européen; redonner aux banques centrales la possibilité de financer directement les états. ..

Rendre la parole au peuple: an particulier, faire un audit citoyen de la dette, afin d’en annuler la partie illégitime.


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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 11:12

L’Atelier Vérité sur l’Argent AVA-89  organise sa prochaine soirée thématique

 

Mardi 14 juin 2011 de 18h 30 à 21 h

 

Sur le thème :   Formation des prix

Et aussi : Premières réflexions sur le bilan 2010-2011 des activités de l’AVA-89 et les perspectives pour 2011-2012

 

            à Auxerre, salle Anna, maison Paul Bert, rue Germain Benard

                               stationnement : sur le Boulevard Vaulabelle.

 

Le groupe de travail chargé de préparer cette réunion est composé de Claude Bailly, Claude Michel, Daniel Picq. Il a élaboré ce document préparatoire .

  

 

Formation des prix

 

Au moment où les français-es sont confronté-es à la baisse de leur pouvoir d’achat et à la flambée des prix (alimentation, santé, loyers, énergie, transports…) ils se posent une question : d’où provient cette hausse des prix? Et quelle en est la cause ? Avant de tenter de répondre à ces questions, le groupe de travail s’est interrogé sur les mécanismes de formation des prix.

 

Le prix ?

Le prix est l’expression monétaire de la valeur vénale d’une marchandise. Le prix s’établit à l’occasion des échanges (achat et vente). C’est le rapport entre une marchandise donnée et une certaine quantité de monnaie. C’est le développement des échanges (objet contre un autre objet, ou un service) qui a enfanté la monnaie (équivalent à un objet ou un service) et la forme « prix » : on est passé du « troc » au « commerce ». Le prix est la condition et le résultat de l’échange ; il n’est pas la valeur, il n’en est qu’une expression. Il ne correspond jamais ou très rarement à cette valeur.

 

Le mécanisme de formation des prix ?

Le prix évolue en fonction des conditions du marché. Il apparaît comme un phénomène déterminé par la concurrence, elle-même liée à la loi de l’offre et de la demande. Le mécanisme de détermination des prix peut être affecté par d’autres facteurs : la spéculation, les situations de monopole, oligopole, la pénurie…

Le marché est dominé par les grandes entreprises et celles-ci sont en situation de déterminer le prix de vente ou à l’achat. Il n’y a pas d’égalité entre l’offre et la demande. Le prix dans ces conditions assure à ces grandes entreprises le maximum de profits, ou le taux le plus élevé de profits possible. La structure de ces grands groupes peut permettre de contrôler entièrement le marché ou de soumettre un certain nombre d’entreprises à la pression des grands groupes (PME - PMI). Les prix sont déterminés par eux.

 

L’évolution des prix ?

Les prix subissent des variations ininterrompues. Plusieurs causes expliquent ces mouvements : soit une variation de la valeur (à la suite par exemple d’une baisse du cout de production), soit un changement dans l’unité monétaire (dévaluation…), soit la recherche de profits rapides par des spéculateurs.

 

La spéculation ?

La spéculation est une pratique qui consiste à développer des opérations à terme soit à l’achat (si l’on escompte une hausse), soit à la vente (si l'on suppute une baisse). L’un des aspects nouveaux du système économique dominant, c’est le rôle dominant de la finance, et de la finance la plus spéculative qui soit. De nos jours, des spéculateurs financiers, fonds d’investissements, banquiers d’affaires… parient sur les cours dans le seul objectif d’en retirer un rendement rapide. Le crédit est utilisé pour la spéculation. Cela a été rendu possible parce qu’il existe une énorme  masse de capitaux accumulés en mal de rentabilité financière.

 

L’augmentation des prix ?

L’indice des prix des produits alimentaires a atteint en octobre 2010 son plus haut niveau depuis sa création en 1990, et il n’a cessé de battre des records depuis. Le prix d’un baril de pétrole brut a, pour sa part, franchi la barre des 100 dollars début mars 2011, seuil qu’il n’avait pas atteint depuis le pic de 2008, entrainant une augmentation rapide des prix à la pompe pour les consommateurs. Des métaux comme le cuivre (+30%) ne sont pas en reste.

 

A quoi sont dues ces hausses de prix ?

Ces variations rapides  de prix sont-elles dues à des circonstances exceptionnelles, par exemple : la crise politique qui s’est ouverte en décembre 2010 dans le monde arabe, et qui pèserait sur le marché du pétrole ? Les incendies de l’été 2010 dus à la sécheresse en Russie ? Les intempéries catastrophiques en Australie durant l’hiver dernier  qui ont occasionné de mauvaises récoltes agricoles ? On nous dit aussi que ça serait la faute des pays émergents (Chine) qui consommeraient de plus en plus. : « La demande ne cesse d’augmenter, donc les prix augmentent ».

Ces variations peuvent-elles s’expliquer par les affaires que font les spéculateurs à la recherche de profits rapides, dont les paris eux-mêmes agissent sur les prix ?

La catastrophe qui a frappé le japon, les événements survenus sur le site de Fukushima entrainent la diminution des capacités de production d’énergie nucléaire, et génèrent des mouvements à la hausse sur d’autres ressources énergétiques (charbon, gaz naturel) ; les spéculateurs anticipent largement une augmentation des importations japonaises dans ces domaines.

Ces effets conjoncturels ne peuvent faire oublier une tendance à la hausse des produits alimentaires, du pétrole… l’ascension des cours est continue depuis les années  2000.

 

Hausse des prix : état des lieux

Denrées alimentaires : nous assistons à une hausse sensible de certaines denrées alimentaires. On parle pour les prochaines semaines de 4 à 8% sur le beurre, 10 à 20% pour le café, de 15 à 20% sur la farine, de 5 à 10% sur les pâtes alimentaires… selon la banque mondiale, la hausse des prix alimentaires a fait basculer en 9 mois, 44 millions de personnes de plus sous le seuil de pauvreté. Elle pourrait selon la FAO (indice des prix produits alimentaires) plonger 80 pays dans une crise alimentaire. En France, les prix explosent dans les supermarchés et de plus en plus d’agriculteurs sont au bord du dépôt de bilan.

Les causes de cette situation ? La dérégulation mondialisée a favorisé un doublement du prix des céréales depuis l’été 2010.elle va donc alimenter les hausses de prix des produits à base  de farine, ainsi que celle des produits carnés (les prix des aliments pour bétail ont augmenté de plus de 50% en quelques mois). La hausse du prix du gaz et du pétrole réduit le revenu disponible de millions de français et va aussi renchérir les couts de production en agriculture, avec l’augmentation du prix du carburant pour les machines agricoles et celui du gaz pour le chauffage des serres comme pour la production d’engrais azotés.

La grande distribution utilise les importations (fruits et légumes frais, produits laitiers ou carnés)  pour  faire chuter les cours à la production. Ayant connaissance de la qualité et des volumes de la récolte à venir en France, les centrales d’achat privilégient les importations, et stockent en chambres froides des quantités de pommes (et autres) dans le seul but de réduire la demande auprès des producteurs nationaux au moment de la mise sur le marché. Du coup, pour vendre des pommes (ou autres produits déjà récoltés), les producteurs doivent accepter le prix proposé par les centrales d’achat ou perdre leur production, faute de pouvoir les stocker. Cette stratégie fonctionne aussi pour les achats ponctuels de viande à l’occasion des « promotions » ou de manière plus permanente avec les produits laitiers.

Enfin de nombreux produits vendus en libre service et portant une date de péremption (viande, salaison, produits laitiers) vont chaque jour à la poubelle. Ce qui conduit le distributeur à augmenter sa marge moyenne brute sur les produits effectivement vendus, laquelle est passée de25% en 1997 à 35% en 2006 dans notre pays. Ne faut-il pas réfléchir à un dispositif indépendant permettant la transparence des taux de marges ? Développer les réseaux de circuits courts ?...

Le pétrole : les prix des carburants battent des records. Les causes  de la nouvelle flambée des prix du pétrole ne sont-elles pas à chercher ailleurs que dans l’aspiration démocratique des peuples arabes ? D’ailleurs, la hausse des prix de l’essence a commencé avant les événements de Lybie, et l’Arabie Saoudite ne cesse d’annoncer qu’elle est tout à fait en mesure de compenser les effets de la disparition momentanée du pétrole libyen par une augmentation de sa production.

L’or noir est particulièrement attractif pour les spéculateurs. Le journal économique Les Echos (février 2011) titrait : « les spéculateurs ont augmenté de 30% leurs positions acheteuses »…  est ce que la France seule a le moyens d’enrayer la flambée des cours du pétrole sur les marchés internationaux ? Est ce que l’état peut continuer à dire qu’il ne peut rien ? Les taxes (TIPP et TVA) représentent 60% du prix de l’essence. Cette fiscalité indirecte est particulièrement injuste car elle s’ »applique aux consommateurs indépendamment de leur niveau de revenu. Pire, la TVA constitue un véritable impôt sur l’impôt. Son montant n’est pas calculé sur la base du prix hors taxes du litre de carburant, mais intègre la TIPP. L’exemple de la TVA à 5,5% sur les travaux et services montre qu’il est possible de baisser cet impôt.

Le gaz : les tarifs du gaz ont augmenté de 20% depuis un an, soit 240 euros en moyenne par foyer. Cela porte l’augmentation à 60% depuis l’ouverture du capital de Gaz de France en 2004. Le groupe GDF-Suez a réalisé 4,6 milliards d’euros de bénéfices. Les actionnaires en reçoivent 70%. Faut-il chercher ailleurs la cause principale de l’augmentation des prix ?

Les métaux : par exemple le cuivre. En décembre 2010, c’est la banque américaine JP Morgane qui a investi plus d’un milliard d’euros sur London-Metal-Exchange pour s’approprier 80% des réserves de cuivre des entrepôts de la bourse des métaux londonienne. Il en a toujours 40%. Le prix du cuivre a triplé en deux ans.

 

 

En résumé : spéculer, c’est vieux comme le commerce. Pour les négociants en matières premières, ceux qui en font le commerce physique, il suffit de stocker pour organiser la pénurie et faire exploser les cours.

Depuis une quinzaine d’années, on est passé au papier et au virtuel. Lassés des actions et obligations, banques et fonds d’investissement ont décidé de faire du cacao, du blé ou du cuivre des produits financiers comme les autres. Ils parient sur les évolutions des cours des marchés. Mais la nouveauté, ce sont les fonds gagés sur les stocks physiques ; exemple : en juillet 2010, un fond londonien a misé 800 millions d’euros pour acquérir pus de 240.000 tonnes de cacao, soit 6,3% de la production mondiale.

 

Le coût des transports, du logement, de la santé, ne cessent d’augmenter.

Logement : la dépense moyenne engagée par les ménages pour se loger a augmenté de 23% entre 2002 et 2007. Le coût du logement, dans le secteur privé, représente pour les familles les plus modestes jusqu’à 50%du revenu. Spéculation et pénurie de logements (il en manquerait entre 900.000 et un million) ne sont-elles pas les causes de cette situation ?

Transports : SNCF : hausse des billets TGV : 2,85%. Péages autoroutiers qui augmentent cette année encore de 2,24% en moyenne. La Cour des comptes a mis en cause la gestion des sociétés d’autoroutes privatisées (opacité des tarifs, écarts de prix kilométriques incompréhensibles, etc.) Au total, le ticket de péage a augmenté de 11,5% en quatre ans.

Santé : les dépassements d’honoraires excluent des soins des milliers de personnes. Le reste à charge (franchises, déremboursements, forfaits hospitaliers) est en constante augmentation.les inégalités de santé se creusent. Le renoncement aux soins explose : 23% de la population en 2010, contre11% en 2009. L’hôpital public est soumis à la rentabilité. Depuis des années, les budgets alloués aux hôpitaux ont été maintenus en dessous  des besoins réels, créant un déficit structurel. La mise en place de la tarification à l’activité, finançant les établissements au nombre d’actes réalisés, et l’obligation de résorber les déficits imposent aux hôpitaux une gestion uniquement comptable.

 

Concurrence - privatisation

La soumission de l’hôpital aux exigences de rentabilité ne prépare-t-elle pas la privatisation ?

Est ce que la concurrence est synonyme de baisse des prix ? Prenons l’exemple de l’eau. L’argument utilisé pour justifier la privatisation était celui de la baisse des tarifs et des économies pour les municipalités après des années de délégation en masse au secteur privé de l’entretien des réseaux et de la distribution de l’eau, le prix du mètre cube d’eau baisse ; pour quoi ? Parce que se produit un mouvement afin de remunicipaliser les services de l’eau. Ainsi à Paris, les tarifs vont baisser de 8% dès le 1 juillet. Dans les communes urbaines assurant la gestion de leurs ouvrages en régie, les tarifs sont  moins élevés de 20% en moyenne que dans les communes en délégation à des opérateurs privés comme Veolia ou Suez. Le mouvement de remunicipalisation a également des retombées là où les contrats avec des opérateurs privés courent toujours. Ainsi, en 2010, la municipalité de Toulouse a obtenu une baisse de25% du prix de l’eau : la menace d’une remunicipalisation immédiate, malgré les pénalités qu’encourait la ville, a fait plier le géant.

 

 

L’inflation 

On nous dit que les hausses de prix sont provoquées avant tout  par « un excès de salaires et de prélèvements sociaux ». Depuis 1984, la France s’est engagée dans une stratégie de recherche de compétitivité fondée sur la compression des « coûts salariaux ». Ce choix a été présenté à l’époque comme une parenthèse, le temps de rétablir l’équilibre du commerce extérieurs et des budgets publics. Il s’est transformé en une stratégie, voire une obsession qui, depuis 25 ans, a contribué à faire de la France un pays à bas salaires. Le magazine l’expansion (décembre 2010) titrait son dossier « il faut augmenter les salaires ». Les auteurs de l’enquête soulignaient que sur les sept dernières années, entre 2003 et 2009, 24 groupes du CAC 40 avaient augmenté leur masse salariale par employé de seulement 8% en moyenne, alors que les dividendes par action gonflaient de 110%.

 

N’y a-t-il pas d’autres coûts à réduire ?

Par exemple les coûts financiers (cout du crédit, bénéfice des banques). Faut-il admettre pour les actionnaires des rendements à deux chiffres ou qui parfois dépassent 20% ? Dans les sociétés non financières (autres que banques et assurances) la part des intérêts et dividendes dans les richesses créées a augmenté de 14% en 17 ans, alors que la part des cotisations patronales a baissé de plus d’un point sur la même période.

En second lieu, n’y a-t-il pas d’autres sources d’efficacité que la compétitivité par les coûts comme la qualité des produits, pour cela, ne faut-il pas reconnaitre les qualifications, développer les capacités humaines et mieux rémunérer le travail ?

Qu’en est-il de « l’excès des salaires et des prélèvements sociaux » ? Le salaire réel  dans les sociétés non financières a diminué de 1% en 2009 et de 0,8% en 2010, il va reculer à nouveau en 2011. 50% des français gagnent moins de 1.580 euros nets par mois, et 70% des salaires mensuels nets de tous prélèvements sont inférieurs à 2.074 euros. 1212 euros, c’est le montant moyen des pensions de retraite. Pourtant, les gains de productivité du travail dans les entreprises auront été de 0,6% en 2010 et sans doute plus en 2011.

Le conseil des prélèvements obligatoires (organisme rattaché à la Cour des comptes) faisait la constatation suivante : « la France affiche un coût complet du travail et un coût pondéré par la productivité se situant dans la moyenne de l’UE en 2007… le facteur travail, principal coût de production des entreprises, est donc largement compétitif en France par rapport à ses principaux concurrents ».

 

 

Que signifient les marges, les coûts de fabrication ?

 

 


CHIFFRES CLES PAR SECTEUR D'ACTIVITE

 

marge

 

 

 

 

 

 

Produits surgelés

42,4

 

Alimentation générale, petite surface et supérette

25,9

 

Alimentation générale de grande surface

14,7

 

Grands magasins et autres non spécialisés

36,4

 

Commerce de détail alimentaire en magasin spécialisé, hors tabac

37,9

 

Tabac

27,9

 

Produits pharmaceutiques et articles médicaux et orthopédiques

31,1

 

Habillement et chaussures

43,5

 

Equipements de la personne (hors habillement et chaussures)

46,1

 

Culture, loisirs, sport

36,1

 

Equipement du foyer

36,2

 

Aménagement de l'habitat

38,6

 

Combustibles et biens d'occasion

35,6

 

Vente par correspondance et à distance

46,9

 

Commerce hors magasin (n.c. vente par correspondance)

46,1

 

Réparation d'articles personnels et domestiques

69,0

 

Charcuterie artisanale

56,1

 

Boulangerie, pâtisserie

88,1

 

Ensemble

29,1

 

Que signifie une marge ? L’augmentation des matières premières influe sur le prix de vente, la TVA aussi. Et les coûts de fabrication, comment sont-ils déterminés ? (les mesures de relance de la construction automobile ont montré que le prix de vente est très loin du coût de la production puisque des remises importantes ont été consenties (de l’ordre de 10% à 20%). Le coût des services de vente pèse sur les prix de vente, etc.

 

 

Source : Enquête annuelle d'entreprise dans le commerce (exercice 2002)

Marge commerciale = ventes de marchandises - coût des marchandises

1 M€ = 1 000 000 euros

Taux de marge =

(ventes de marchandises - coût des marchandises) / ventes de marchandises

Coût des marchandises =

    achats de marchandises + (stock initial - stock final)

 

 

 


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Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 15:37

Le groupe de travail chargé de préparer cette réunion est composé de Claude Bailly, Patrick Hardouin, Gérard Robert.

   Ce document comporte réflexions et propositions pour préparer la séance du 10 mai.

    

Développement économique durable et démocratie. Energie, consommation

 

En quelques mois, des événements majeurs se sont produits qui interpellent aussi bien sur la validité de choix économiques et politiques que sur l’avenir même de la planète : soulèvements des peuples du pourtour méditerranéen et du Moyen Orient, catastrophe naturelle et nucléaire au japon, flambée des prix de l’énergie et des céréales… Le tout dans le cadre d’une crise économique globale. Ces phénomènes posent de façon cruciale la question de l’alternative aux choix imposés dans le cadre de la mondialisation capitaliste et font apparaître des contradictions face aux choix à opérer.

Ce paysage général nous conduit à aborder la question sous l’angle du « développement économique durable ».

A l’heure où les choix économiques se font au profit d’une minorité sur-accumulant les capitaux à des fins spéculatives (oligarchie), la question de la démocratie est évidemment inséparable de l’alternative économique, sociale, écologique. Elle englobe tous les aspects de la vie des sociétés dont la maîtrise des choix financiers, et fait apparaître des questions lourdes comme celles de la consommation et de l’énergie.

 

Cette problématique d’ensemble nous semble assez fortement exprimée dans l’éditorial d’un numéro spécial d’Alternatives économiques d’avril 2011. Extraits : « Au-delà des difficultés nées de la crise financière, nos sociétés font aujourd’hui face à de nombreux défis sur les plans économique, écologique, géopolitique, qui imposent de s’interroger à nouveau sur les finalités de l’économie et qui renforcent l’appétence pour des alternatives. N’imaginons pas que d’un mal sorte forcément un bien : les difficultés que nous traversons portent en germe un sérieux risque de dérives autoritaires, de demande d’ordre. Elles exacerbent les contradictions d’intérêt entre les grands Etats. Loin de nous inciter à l’inaction, ces risques sont autant de raisons de faire preuve d’une imagination renouvelée  pour faire émerger des solutions viables et désirables aux défis auxquels l’humanité est confrontée. » Soulevant la question du court terme et de long terme, (en concluant qu’il n’est plus possible de les distinguer) il appuie sur la nécessité « d’agir sans attendre pour transformer nos modes de production et de consommation, et rendre nos modes de vie soutenables pour nous et nos enfants. » Il insiste également sur le fait qu’ « il n’y aura pas d’autre économie sans une démocratie élargie et approfondie ».  Il n’est pas inutile d’observer que  ce numéro est intitulé : « Et si on changeait tout… »

 

Face à l’ampleur du sujet qui ne sera pas épuisé en une seule séance, et parce que les questions ne peuvent être tranchées sans un débat démocratique approfondi, nous donnons, pour le nourrir, des pistes et quelques données sans lesquelles nous risquerions de rester dans l’abstraction, et de ne pas nous mettre en situation de dépasser les contradictions.

 

 

Qu’est-ce que le « développement économique durable » ?

 

Cette notion est apparue progressivement face à des problèmes aussi concrets que ceux du pillage, du gaspillage des ressources naturelles mais aussi humaines (exploitation, spoliation). Cette question éclate avec la multiplication des crises et au développement  capitaliste fondé sur la recherche du profit à court terme au détriment des équilibres naturels et sociaux : pollution, déstabilisation économique et sociale comme par exemple la systématisation des délocalisations et son corolaire de destruction d’emplois bénéficiant de conquêtes sociales, de statuts, de garanties…, multiplication de transports polluants.

Elle prend forme dans le Rapport Bruntland dans les années 1980 sans être exempte de contradictions. Cette notion, tout en étant inspirée par la critique du capitalisme  au stade de la domination des marchés financiers (rentabilité à court terme, orientation des capitaux vers la spéculation en délaissant les activités productives…) n’est pas exempte de contradictions, de récupérations, de détournements jusqu’à la remise en cause de la notion de progrès ou le prétendu positionnement « ni droite ni gauche »  de certains écologistes. Notons parmi tant d’autres le discours et les démarches autour de la notion de « capitalisme vert », le thème de la décroissance (encore faudrait-il préciser à qui devrait s ’appliquer cette préconisation, ainsi Paul Ariès écrit dans la Revue du projet « la décroissance économique des riches est la condition d’une croissance de l’humanité »), de la sous-estimation des pressions du système actuel sur les modes de consommation. Par exemple, et sans remettre en cause la nécessité de développer l’agriculture biologique, ne pas ignorer que les salariés mal payés, les chômeurs et autres précaires n’accèdent pas à la nourriture bio parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Dans le court terme, dans la meilleure hypothèse, pour le milliard d’êtres humains qui connaissent la faim, le problème n’est pas de manger bio, mais de manger.

La moitié de l’humanité vit dans la misère, y compris dans les pays dits développés. Le coût humain est estimé, au minimum, à 15 millions de morts par an. Pour ces 3 milliards d’êtres humains, est-il possible d’ignorer le besoin de croissance économique, y compris matérielle (logement, santé, transports, énergie, eau potable, assainissement, éducation…) ? En revanche si, en France, mieux répartir les richesses semble l’impératif majeur, il ne semble pas inutile de se poser la question de développer, avec des critères différents, des productions et des services pour assurer les besoins durables de la population.

Toute la question est donc d’éviter les récupérations, les faux débats ou les non débats.

Face aux questions de préservation de l’environnement, la question n’est pas de ne pas produire, mais de produire autrement, en respectant certaines contraintes :

  • Recherche d’une limitation des prélèvements sur les ressources naturelles épuisables
  • Gestion raisonnée et économe des ressources naturelles renouvelables
  • Réduction drastique des atteintes à l’environnement

Tout ceci n’étant pas incompatible avec la création de richesses (stables voire même croissantes) : produits à longue durée de vie, réparables, recyclables…, relocalisations.

En revanche, ceci n’est pas compatible avec la gestion capitaliste même affublée de vert.

Le développement durable que certains souhaiteraient voir enrichi de notions de développement durable, humain et solidaire, ne pourra exister sans dépasser les logiques capitalistes. Les illusions sur la possibilité de réformer le capitalisme, de le moraliser, sont des impasses par rapport au développement durable.

 

La démocratie comme moyen

 

Dans le mode de production capitaliste, les producteurs (salariés mais aussi les dépendants du système comme les PME) sont dessaisis des choix économiques. Répétons le, de plus en plus, le choix par le truchement des marchés financiers et l’instrumentalisation à leur servie des gouvernements, est entre les mains d’une oligarchie qui, pour persévérer leurs intérêts, peuvent être tentés par des « dérives autoritaires ».

« Bâtir un  autre mode de développement suppose d’agir pour des transformations profondes de la société et de déterminer quels secteurs de l’économie devront s’accroitre et quels secteurs sont jugés inutiles et néfastes et devront être abandonnés » (extraits du document préparatoire à l’élaboration du programme partagé du Front de Gauche).

Un autre mode de développement  suppose une maitrise publique des marchés et, s’agissant  des marchés financiers, la création de pôles publics de la finance, la maitrise politique des orientations des banques centrales, une politique du crédit orientée vers  l’emploi, la formation, l’investissement sous critères sociaux et environnementaux.

La question  de l’appropriation sociale de tout ce qui concerne les biens communs de l’humanité (eau, énergie, alimentation…) doit être posée pour échapper à la dictature des actionnaires.

Des droits nouveaux (d’information, d’intervention, de propositions…)  doivent être institués pour les salariés afin de leur permettre de participer aux choix stratégiques des entreprises en élaborant de nouveaux critères de gestion.

Une planification pourrait être élaborée en partant des besoins sur la base de l’utilité sociale et écologique de la production, des échanges et de la consommation.

Les collectivités territoriales et le secteur de l’économie sociale  et solidaire, 10 à 12% du PIB, 8 à 10% des emplois (notamment les SCOP) peuvent jouer un rôle dans ces perspectives.

 

Globalement, cela suppose une autre utilisation de l’argent consacré à des productions et des services utiles et innovants, avec des emplois conçus dans cet esprit. Ainsi s’agissant du logement, l’estimation des sommes à investir d’ici 2050 pour diminuer la consommation d’énergie est de  600 milliards d’euros (15 milliards par an), pour une consommation divisée par 4 !!! Encore faut-il se poser la question : qui va payer ? A l’heure actuelle, les prévisions de rénovation du gouvernement dans le cadre du Grenelle de l’ environnement ne remplirait l’objectif que dans … 4 siècles !

 

Pour conclure cette ouverture au débat, nous pouvons retenir :

  • La nécessité d’agir sans attendre, sans opposer court terme et long terme, mais en ayant pour objectif de dépasser le « court terme » intrinsèque au capitalisme financier
  • La nécessité de lier l’ensemble des problèmes : économie, social, écologie, et développement humain, indissociables de la démocratie, de l’intervention citoyenne et de droits nouveaux.
  • Bien mesurer l’ampleur du travail d’éducation populaire pour que ces questions, ces enjeux, fassent société en profondeur.

   

 

Parmi les questions qui interpellent la notion de développement durable ; nous pouvons en retenir deux qui dans l’immédiat ont pris une acuité considérable avec la crise : la consommation et l’énergie.

 

La consommation peut faire apparaître une contradiction entre la demande de pouvoir d’achat et l’idée d’une sobriété économique (en tous les cas d’une croissance maitrisée et respectueuse des équilibres naturels), nous avons esquissé les grandes lignes des réflexions dans la première partie, notamment avec celle sur croissance-décroissance.

 

La réflexion sur l’énergie revient avec plus d’acuité avec la catastrophe au Japon, les questions de sécurité technologiques qu’elle pose, et les incidences sur les prix de l’énergie (gaz, pétrole…). Les problèmes soulevés ne font pas plus consensus que ceux évoqués sur l’alternative au développement économique du système capitaliste. Dans ses termes mêmes, il fit apparaître d’énormes contradictions autour de la formulation « sortir du nucléaire ». En effet, si l’Allemagne a fait ce choix une première fois puis à nouveau récemment, cela se solde par un recours (pour une durée difficile à mesurer) massif à l’électricité d’origine thermique dont on sait l’effet sur la production de CO2 et sur le changement climatique.

Ces choix (à opérer) posent des questions économiques, sociales, politiques tout à fait fondamentales : maitrise de la production et indépendance énergétique, coûts, démocratie, sécurité, satisfaction des besoins, efficacité…

Les solutions n’échappent pas à la problématique « court terme-long terme ». Chacun sait que même dans l’hypothèse « sortir du nucléaire », les problèmes de sécurité se poseront pendant de très nombreuses années. Problèmes qui ne sont pas seulement d’ordre technologique.

Une question fondamentale est celle de l’effectivité des contrôles, de la non subordination des choix à la rentabilité capitaliste sacrifiant la sécurité au profit comme à Fukushima. Les critères de rentabilité sont à la source de la catastrophe; ils sont incompatibles avec le nucléaire. On retrouve avec d’autres dimensions les mêmes phénomènes qu’à Tchernobyl : non implication des personnels dans la maitrise de la sécurité.

En France, le recours à des sociétés sous traitantes, à des personnels insuffisamment qualifiés, sans statut, met en cause la sécurité et contribue à une attitude de méfiance voire de défiance vis-à-vis du nucléaire. Cela ne crée pas les conditions d’un débat démocratique sur l’avenir énergétique. La hausse organisée des tarifs de l’énergie risque également de fausser gravement la réflexion.

Si nous connaissons un certain nombre de pistes qui peuvent faire consensus (travaux pour éviter les gaspillages, notamment en matière d’isolation des bâtiments ; recherche de nouveaux matériaux,  d’appareillages plus performants, recherche de nouvelles technologies, limitation de recours aux transports routiers, développement du fret par rail…), un certain  nombre de réponses nécessitent encore réflexion et débat. Quelques soient les approches, les convictions des uns et des autres, la démocratie passe par le débat.

N’ayons  pas peur du débat et ne le tranchons pas avant d’avoir mis tous les éléments sur la table.

 

 

 

Quelques chiffres : (source : Alternatives économiques)

 

En France :

  • o 75 % de l’électricité est d’origine nucléaire (contre 29% au Japon, 23% en Allemagne, 20% aux USA). L’électricité représente 43% de la consommation finale d’énergie, le nucléaire représente donc ainsi environ 32% de la consommation finale d’énergie.
  • o Les énergies renouvelables représentent 16% de la consommation électrique (contre 62% en Autriche)
  • o Le nucléaire permet de limiter de 15 à 20% nos émissions totales de gaz à effet de serre.
  • o La consommation d’énergie dans le bâtiment représente 43% de la dépense énergétique (actuelle) en France

 

Prix comparatif estimé du Méga watt heure par source d’énergie :

-                  Nucléaire :                           31€ (le cout du démantèlement ou de la gestion des déchets est incertain dans cette évaluation)

-                  Eolien terrestre :                 70€

-                  Biomasse                             supérieur à 100€

-                  Photovoltaïque                    300€

 

 


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Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 16:15

 Ce document comporte réflexions et propositions pour préparer la séance du 29 mars.

  Le groupe de travail chargé de préparer cette réunion est composé de Bernard Massot, Daniel Picq et Brigitte Picq Debelle.

 

 

  bandeau documents

 

  

L’euro : un peu d’histoire

 

L’euro est la devise officielle de l’Union Européenne, c’est la monnaie unique commune à 17 de ses états membres qui forment la « zone euro ». Cette monnaie est aussi utilisée dans 4 petits états enclavés dans l’UE : Andorre, Monaco, Saint Marin et le Vatican. Le Montenegro et le Kosovo utilisent de facto l’euro (sans dépendre de la BCE, ni émettre pièces ou billets).

 

La décision de créer l’euro

 

La décision de créer l’euro a été officialisée lors du traité de Maastricht, adopté en 1992. L’euro s’inscrit dans un processus d’intégration monétaire commencé avec le serpent monétaire européen, et poursuivi avec le système monétaire européen destiné à faciliter les échanges entre pays. Toutefois il y a eu débat, deux visions se sont opposées : d’un côté celle qui a prévalu, d’une monnaie unique avec un pacte de stabilité ; d’un autre côté, l’idée d’une monnaie commune.

 

L’élargissement de la zone euro

L’adhésion à l’euro est obligatoire pour les nouveaux membres de l’UE, mais chaque pays en fixe la date et doit respecter les conditions économiques nécessaires. Le Royaume Uni et le Danemark ont obtenu de rester en dehors de la monnaie unique (clause d’opting out). Cette clause n’interdit pas d’adhérer ultérieurement.

Avant l’euro, le système monétaire européen utilisait l’écu qui était un panier de 9 monnaies de la CEE. La livre sterling y figurait alors qu’elle n’a pas été intégrée dans l’euro.

 

La marche forcée vers l’euro

L’euro a marqué le triomphe et l’accélération, en Europe, de la révolution néolibérale qui a décuplé le pouvoir des marchés de capitaux. D’ailleurs, la première condition exigée des pays candidats à l’euro était d’abolir toute forme de contrôle des changes.

Un constat s’impose : douze ans d’euro n’ont pas mis fin à l’hégémonie du dollar et la zone euro n’a pas constitué un facteur de stabilité dans la crise financière. Le bilan est catastrophique : l’UE compte plus de 23 millions de chômeurs, 80 millions de pauvres et la mal-vie progresse. Partout les migrants sont traités de façon indigne et sont victimes de politiques régressives honteuses.

 

 

L’euro pour quoi faire ?

 

L’euro fort ?

L’objectif avec la création de l’euro, c’était de faire de l’Europe une place financière attractive face à Londres et New York, et de donner les moyens aux grands groupes européens  de développer une politique de croissance externe, d’exportation de capitaux et de délocalisation. La monnaie chère intéresse beaucoup les spéculateurs parce qu’elle garantit leurs placements et que, très souvent, son niveau de change repose sur de forts taux d’intérêts, d’où la perspective de somptueux profits.

Bien sur, les partisans de l’euro fort justifient leur choix par la promesse d’un accroissement des investissements favorables à l’emploi. Sauf que ces capitaux atteignent des sommes énormes et sont entre les mains de gens obnubilés par la spéculation et les gains à court terme. Ces orientations ont eu pour principale conséquence une pression sur les salaires, un développement considérable du chômage, de la précarité, de la pauvreté et de la désindustrialisation, avec un retard sur les dépenses de formation et de recherche. Après la politique du « franc fort », celle de l’euro fort est un « échec total » au regard des objectifs affichés.

 

Vers une nouvelle crise en Europe ?

 

Perspectives de croissance faible. Pas de reprise de l’emploi. Profits des grands groupes nettement en hausse. Situation des finances publiques préoccupante. Dans ce contexte, des masses considérables de capitaux cherchent à se rentabiliser à n'importe quelles conditions. Ainsi la spéculation sur les  matières premières flambe-t-elle ; des bulles immobilières se reconstituent. Ce qui fait dire au gouverneur de la Banque d’Angleterre : « oui … la recherche du rendement continue ».

Les matières explosives à l’origine de la crise  de 2007-2008 sont à nouveau accumulées. Une nouvelle crise avec des pays qui dans l’UE ont vu le poids de leur dette faire un bond en passant de 59% du PIB en moyenne à plus de 80%. Endettement qui est la conséquence de la crise (4.500 milliards d’euros d’aides au secteur financier en Europe: chiffre publié par la Commission Européenne, il recouvre toutes les mesures auxquelles Bruxelles a donné son feu vert.). Les conditions imposées pour le financement de la dette contribuent à écraser la demande et réduire les capacités de croissance.

Avec l’interdiction faite (par le traité de Maastricht lui-même) de recourir à la BCE pour financer leurs déficits, les états ont été contraints d’emprunter sur les marchés. Il leur faut donc satisfaire aux critères et exigences des marchés financiers et des agences de notation. Interdire l’aide entre états, c’est obliger chacun à se présenter seul devant le tribunal des marchés. Chaque état doit respecter rigoureusement leur loi : réformes fiscales favorables aux revenus du capital, baisse des dépenses publiques, flexibilité, privatisations… les marchés puniront  tout état « laxiste » par des taux d’intérêt élevés (la prétendue « prime de risque ») qui l’obligeront à « revenir dans le droit chemin ».

Tout cela prépare une nouvelle crise.

 

L’offensive des instances dirigeantes de l’UE

 

Une offensive structurelle est en cours dans les instances dirigeantes de l’UE. Elle vise à rassurer les marchés financiers pour conserver la fameuse note AAA des agences de notation. Ils viennent d’instaurer dans toute l’UE un régime d’hyper-austérité sans précédent et d’imposer aux pays qui sont dans le collimateur des marchés une régression sociale féroce et une mise sous tutelle humiliante.

 Le 11 mars, les dirigeants des 17 pays de l’union monétaire, réunis en sommet extraordinaire, ont adopté un « pacte pour l’euro », qui fait suite à la proposition de pacte de compétitivité franco-allemand. Ils ont décidé de mettre en place une police des salaires et un alignement sur le modèle allemand en matière de retraite (allongement progressif de l’âge de départ jusqu’à 67 ans). Pas d’ISF et hausse des impôts indirects sur la consommation, flexécurité… A ces mesures de régression sociale s’ajoute la « consolidation budgétaire » (réduction des déficits publics, allègement de la dette…) et la « réforme de la gouvernance économique » (renforcement des sanctions du « pacte de stabilité », soumission de chaque projet de budget annuel avant son examen au parlement national : inscription dans la constitution  de l’obligation de limiter les déficits publics…).

Il s’agit d’une rupture avec des acquis sociaux et démocratiques essentiels.

 

Sortir de l’euro : solution ou impasse ?

 

L’agence de notation Moody’s a dégradé la note de l’Espagne.  Elle a fait de même au début de la semaine avec la Grèce. Conséquence : ces états vont devoir emprunter sur les marchés financiers à des taux mirobolants. Ainsi la semaine précédant le sommet européen du 11 mars, le taux d’intérêt de la dette  grecque a explosé à 12,83% (contre 3,2% pour l’Allemagne). Certains états risquent de ne plus pouvoir rembourser leurs dettes. Les règles de la monnaie unique sont fondées sur le diktat des marchés. Les chefs d’état et de gouvernement laissent à ces derniers le soin de fixer le montant des intérêts que doivent verser les états.

 

Devant cette impasse, faut-il agir pour une sortie de l’euro ?

De fait, la monnaie unique n’a pas tenu ses promesses : la zone euro devait permettre la convergence des économies européennes, protéger les européens contre la crise et faire de l’UE une zone de stabilité. Or, année après année, les économies européennes ont divergé et la crise a plus fortement touché l’UE que les Etats-Unis. La zone euro est soumise à une spéculation sur les dettes publiques et les populations sont victimes d’une véritable purge sociale, mettant en péril l’existence même de la monnaie unique. Au lieu d’être un espace de coopération, l’UE a fait de la « concurrence  libre et non faussée » entre états membres l’axe central de sa construction. L’euro est donc la monnaie unique d’états qui sont en guerre économique.

Certains, à l’extrême droite, à droite, mais aussi à gauche, prônent une sortie de l’euro.

 

Le problème, c’est l’euro ? Ou une politique de l’euro menée par une BCE hors de tout contrôle démocratique ?

La question que nous nous sommes posé est la suivante : est-ce qu’une sortie de l’euro permettrait ou non plus de coopération et de solidarité ?

Le retour aux monnaies nationales ne risque-t-il pas de se transformer en guerre monétaire européenne ? Les pays de l’UE devraient procéder à des dévaluations aux effets tout aussi dévastateurs que les plans d’austérité en cours.

Dans une Europe où les dirigeants de droite ou sociaux libéraux se refusent à remettre en question les logiques capitalistes, l’éclatement de la zone euro ne produirait pas plus de solidarité mais encore plus de concurrence avec une aggravation des tensions xénophobes et nationalistes.

 

Que faire donc ?

Certainement pas le projet du « pacte pour l’euro » que nous ont concocté les dirigeants de l’UE, pour durcir les politiques antisociales. Il faudrait au contraire s’atteler à un processus de refondation radicale de l’UE, afin de délivrer celle-ci des marchés financiers et la mettre au service des peuples. Le « fonds européen de stabilité » créé en mai 2010, véritable mécanisme de punition, a été autorisé à emprunter 750 milliards d’euros sur les marchés financiers pour venir en aide aux pays attaqués par ces mêmes marchés. L’aide apportée, à des taux élevés de 5 à 6%, est conditionnée à la mise en œuvre de plans de réduction des déficits publics.

Une première urgence donc pour affranchir les états de la tutelle des marchés financiers, est de garantir le rachat de titres publics par la BCE, si nécessaire. Les états devraient pouvoir se financer directement auprès de la BCE, à bas taux d’intérêt. Il n’est pas supportable que les banques privées fassent des profits records en prêtant aux états à des taux prohibitifs alors qu’elles se financent à un taux très faible auprès de la BCE.

Ne faudrait-il pas taxer les transactions financières, à commencer par celles impliquant l’euro ? Cesser la concurrence fiscale qui mine les recettes publiques des pays de l’union, en harmonisant vers le haut l’imposition des sociétés. Taxer les revenus financiers, les plus-values, les hauts revenus dont le gonflement est une des causes de la crise.

 

Transformer l’Euro !

Cette affirmation pose la question suivante : comment avec une monnaie unique engager une politique monétaire diversifiée, permettant de prendre en compte les inégalités de développement, afin que les retards puissent être rattrapés et que tout le monde progresse ?

Ne faudrait-il pas transformer profondément la Banque Centrale Européenne (BCE) ? Elle pourrait conduire une politique de crédit sélective et acheter des titres de dettes publiques, soutenir le développement des services publics, grâce à son pouvoir de créer de la monnaie. Cette politique nous semble plus facile dans un espace étendu comme l’UE que dans un seul pays.

Transformer ainsi l’euro plutôt que l’abandonner, c’est, nous semble-t-il, se donner un outil pour commencer à mettre en cause la dictature du dollar sur le monde. Une monnaie européenne de coopération pourrait aider au développement de nouvelles relations avec les pays émergents et en développement, et pourrait constituer un point d’appui pour construire un système monétaire international émancipé du dollar, avec une véritable monnaie commune mondiale au service du progrès social.

 Nous pensons qu’un aspect mérite d’être souligné : rien ne sera possible sans de puissantes et durables mobilisations sociales et citoyennes au niveau européen, qui pourraient modifier les rapports de forces actuels.

Dès à présent, des luttes pourraient se développer dans chaque pays, dans les régions, les bassins d’emploi, pour réorienter les crédits bancaires vers le financement des investissements favorables à l’emploi, la formation, au développement maitrisé des territoires. Luttes qui pourraient prendre appui sur des pôles financiers publics et des fonds régionaux pour l’emploi et la formation, pour changer les critères de sélectivité du crédit.

Réorienter nous semble une condition indispensable à toute sortie de crise. Sans cela, comment transformer la gestion des entreprises ? Sans nouveaux critères de gestion,  comment changer la création et la répartition des richesses ?

 

Transformer l’euro : illusion ou défi ?

« Là où croit le péril, croit aussi ce qui sauve ». Peut-être faudrait-il partir de cette fameuse formule du poète allemand Hölderlin. Naturellement, le passage  du « péril » au « sauvetage » n’a rien de spontané ! La vie est faite de luttes, d’engagements, d’expérimentations… cela s’appelle la politique. Les seuls atouts dont disposent les peuples face aux marchés financiers, ce sont ceux de la coopération et de la solidarité. Dans toute l’UE, les peuples sont à la recherche de solutions, les mouvements de résistance populaire posent la question politique. Un gouvernement français de gauche devrait miser sur eux. Les initiatives européennes d’un gouvernement de gauche devraient être des messages de solidarité, d’union à leur adresse.

Dans cet esprit, il faudrait formuler des propositions qui permettent de fédérer les énergies et rapprocher les peuples européens. A l’opposé du pacte de l’argent, des plans d’austérité pour répondre aux exigences des marchés financiers, ne faut-il pas proposer un fonds européen de développement social financé parla BCE et qui prêterait aux états à condition que l’argent aille à des investissements dans les services publics, l’emploi, la formation, la recherche, l’innovation…?

Dans l’immédiat, ne faut-il pas exiger l’organisation d’un grand débat national sur les enjeux européens actuels, conclu par un referendum ? Un débat démocratique devrait se développer et permettre aux peuples de décider. En Amérique Latine, dans le monde arabe, les peuples cherchent à se faire entendre et respecter. C’est vrai aussi en Europe.

 

 

 

 

   Agences de notation

  les notes solvabilité

Ces agences de notation, c’est quoi ? Trois principales agences font la pluie et le beau temps: Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings.

Elles sont  toutes nord-américaines, et se partagent 80% du marché.

Les conseils d’administration de ces agences sont composés d’hommes d’affaires, de hauts dignitaires de l’armée, du monde politique et économique. Ils sont par ailleurs membres de conseils d’administration des grandes banques. Ils sont donc à la fois juges et parties dans la guerre économique qu’ils organisent.

Ces agences distribuent les bons et les mauvais points aux états, facilitant la spéculation sur les pays en difficultés. Pleines d’égards envers les USA ou la Grande Bretagne dont les déficits sont pourtant  remarquables,  elles se sont donné pour cible l’euro et la zone euro. Dans un premier temps, elles provoquent le surendettement, et dans un deuxième temps, elles organisent la spéculation sur les dettes.

N Sarkozy vitupère contre les agences de notation, mais décore M. Ladreit de Lacharrière de la Légion d’honneur (Grand croix); ce monsieur est aussi le PDG de Fimalac, maison mère de Ficht Ratings (une des 3 agences de notation)!

Juste avant le krach financier, 80% des produits financiers constitués à partir des créances liées aux subprimes (prêts hypothécaires aux USA) étaient notés AAA!  Quelle clairvoyance… ou quelle manœuvre?

 

 

 

L’Atelier Vérité sur l’Argent AVA-89

 

organise sa prochaine soirée thématique

 

Mardi 29 mars 2011 de 18h 30 à 21 h

 

Sur le thème : 

Transformer la monnaie européenne ou l’abandonner?   

Agences de notation et démocratie?

 

A Auxerre, à la maison de quartier place des droits de l’homme (esplanade de la gare SNCF)

 

 


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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 15:08

deligneallemgane article

 

Nous assistons à une tentative de manipulation sur le « coût » du travail conduite par N. Sarkozy et L. Parisot. Gouvernement et Medef font l’apologie du « modèle » de compétitivité allemand en s’appuyant sur l’étude récente de l’institut COE-REXECODE proche du Medef. Ministres et grands patrons se sont relayés pour montrer que la chute des exportations françaises était due majoritairement à un écart important des « coûts » du travail entre la France et l’Allemagne depuis 2000.

 

 

  Alors « coût » du travail ou financiarisation de l’économie,

qu’est ce qui handicape vraiment l’industrie française ?

 

total

 

Total, 5° groupe pétrolier mondial

 

Total affiche un bénéfice 2010 de 10 milliards d’euros, en hausse de 25% sur 2009. Il va en verser la moitié à ses actionnaires. Cela équivaut à un peu plus des trois quarts des dépenses de personnel du groupe en France et dans le monde. Une augmentation de 10% des salaires n’écornerait les dividendes que de 13%.

 

 

 

 Renault et PSA, importateurs d’automobiles

Les deux groupes de l’automobile ont redressé leurs comptes en 2010 mais depuis plusieurs années, pour augmenter leur rentabilité, ils ont délocalisé une part de leur production. Ainsi, si l’automobile rapportait 7 milliards d’euros par an à notre balance commerciale, depuis 2008 elle lui coûte désormais autant.

 

Qui sont les principaux importateurs d’automobiles?

Renault et PSA. Ils devancent même Volkswagen, qui pourtant n’a pas d’usines en France. Ils vendent sur le marché français des véhicules montés en Espagne, Slovénie, Roumanie, Portugal, Slovaquie, république Tchèque ou Turquie.

Les primes à la casse ont été faites pour relancer les ventes : c’est un système coûteux pour les finances publiques et les salariés, eux, n’en ont pas vu la couleur. Pire, la filière automombile a continué d supprimer des emplois car les groupes automobiles ont empoché la prime à la casse pour ensuite délocaliser leur production.

 

Le crédit et la politique industrielle

L’entreprise Net Cacao sauvée grâce à la mobilisation des travailleurs à Marseille, a besoin de 10 millions d’euros pour s’en sortir. Or aucune banque n’accepte de prêter cet argent alors qu’il s’agit d’une goutte d’eau comparé aux profits annoncés par les grandes entreprises du CAC40 ou aux sommes accordées par le gouvernement aux entreprises.

Le crédit est totalement fermé à ceux qui veulent développer l’emploi et l’industrie !

 

Délocalisations de capitaux

La France est championne du monde de la délocalisation de capitaux. Les actifs à l’étranger des entreprises françaises, c'est-à-dire des capitaux exportés pour prendre tout ou partie du capital de sociétés hors de l’hexagone ou pour créer des filiales, sont équivalents en 2009 à 58,6% du PIB français. Jiho travail

L’Allemagne est loin derrière avec seulement l’équivalent de 39,3% de son PIB.

Les Etats-Unis et le Japon sont largement distancés. C’est une orientation  qui a été soutenue par les gouvernements successifs. La droite et le Medef cachent ces réalités. Ils pointent du doigt le « coût » du travail pour expliquer l’affaiblissement de l’industrie française, afin de mieux dissimuler la responsabilité des grandes entreprises du CAC40. Si la France exporte beaucoup moins que l’Allemagne et si elle importe de plus en plus, c’est parce qu’elle délocalise davantage de capitaux. Pour augmenter leurs profits, ils prennent le large, ferment des sites de production en France, délocalisent ces productions, et les réimportent en France.

 

Sanofi : une leçon de choses

Le groupe du médicament Sanofi-Adventis, n°4 mondial du secteur, administre actuellement une leçon de choses sur ce que sont les délocalisations de capitaux. Il vient, dans une OPA, de racheter pour 20 milliards de dollars (près de 15 milliards d’euros) l’entreprise américaine Genzime, spécialisée dans les biotechnologies. Cette somme va franchir l’Atlantique et être recensée comme un flux d’investissement direct à l’étranger. Elle va servir à racheter des actions de la société installée à Boston.  Le groupe ferme des sites en France et en Europe, supprime des centaines d’emplois dans la recherche et la production parce qu’il a insuffisamment pris en compte le rôle futur des biotechnologies et veut gagner toujours plus d’argent. Le rachat d’entreprises à l’étranger est un moyen de pallier aux manques en recherche et développement (R et D).

 

 


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