Partager l'article ! atelier du 10 mai 2011: Développement économique durable et démocratie. Energie, consommation: 22 présent-e-s; 13 excusé-e-s ...
mardi 29 mai 2012
de 18h45 à 21 h à Auxerre,
salle Anna, maison Paul Bert
analyse des réponses à notre questionnaire faites par les candidat-e-s aux législatives dans l'Yonne
AVA pour Atelier Vérité sur l'Argent;
89 pour le département de l'Yonne.
L’AVA-89 souhaite apporter sa contribution aux réflexions sur la nécessité d’une refondation de l’économie.
L’AVA-89 ne se substitue pas aux organisations syndicales ou politiques. Elle ne s’immisce pas dans les débats, les réflexions internes des partis politiques sur les stratégies électorales.
L’AVA-89 n’a qu’un seul objectif : construire un espace commun à toutes celles et tous ceux qui estiment que la question d’une autre utilisation de l’argent est essentielle, que la définition de nouveaux critères d’efficacité des gestions, que la conquête de droits nouveaux pour l’intervention dans les gestions ne le sont pas moins.
L’AVA-89, c’est une association de personnes qui, dans leur diversité, ont décidé de ne pas laisser l’économie dans les mains des seuls « experts ». Elle ambitionne, dans une démarche d’éducation populaire, de développer l’information, la formation, le débat sur le terrain de la politique économique, des choix qui sont faits et des raisons pour lesquelles ils le sont, des moyens permettant un changement du système économique et de la gestion.
L’AVA-89, ça fonctionne comment ?
L’organisation et le déroulement des soirées sont décidés par les participant-e-s. Elles sont préparées par un groupe de travail décidé ensemble lors du choix du thème. Ce groupe de travail pratique l’audition de militant-e-s, d’élu-e-s, de personnalités ayant des compétences sur la thématique qui sera abordée.
C’est où ? C’est quand ?
Les réunions de l’atelier se déroulent tous les deux mois environ, le mardi à Auxerre.
Pour des raisons techniques, les documents, fiches et autres comptes rendus de l'atelier seront publiés sous forme d'articles, et repérés dans les catégories conrrespondantes.
Ci-dessous, vous ne trouverez donc qu'une partie de nos "archives".
22 présent-e-s; 13 excusé-e-s
Question d’actualité : RSA - Médias
Gérard Robert a abordé la proposition scandaleuse de Wauquiez sur le RSA : celui-ci veut « plafonner le cumul de tous les minima sociaux » et faire travailler gratuitement 5 heures par semaine celles et ceux qui se trouvent exclus du marché du travail. C’est aux inégalités sociales et au chômage qu’il faut s’attaquer. L’AVA y reviendra.
Claude Bailly a abordé le rôle des médias et souligné la sur-médiatisation de sujets comme le mariage princier et autres, au détriment d’autres questions pourtant beaucoup plus importantes.
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Développement économique durable et démocratie. Energie, consommation
Claude Bailly a souligné les questions importantes abordées dans le document préparatoire, et précisé la démarche du groupe de travail.
« L’intention du groupe de travail est d’ouvrir un large débat sur les questions posées, d’où l’accroche sur la démocratie »
Claude Bailly a souligné que la réflexion du groupe de travail s’est construite en liaison avec les préoccupations des gens : la catastrophe du Japon, les accidents, le dérèglement climatique, mais aussi les délocalisations d’entreprises qui déstabilisent les hommes, mais aussi les entreprises (PME) et les territoires. Toutes les formes d’exploitation sont mises en évidence, celle de la nature ou des hommes. Des formes renouvelées d’esclavage existent. Il pose la question : « est-ce qu’on peut en rester à des considérations morales ? » Les causes sont mises en évidence. Une petite minorité (oligarchie, pouvoir des riches) décide et pilote les choses dans le sens du profit à court terme. Les tentations de recours à un système autoritaire n’ont pas disparu.
Claude Bailly a fait écho au diagnostic établi par le journal « Alternatives Economiques » : « Au-delà des difficultés nées de la crise financière, nos sociétés font aujourd’hui face à de nombreux défis sur les plans économique, écologique, géopolitique, qui imposent de s’interroger à nouveau sur les finalités de l’économie et qui renforcent l’appétence pour des alternatives. N’imaginons pas que d’un mal sorte forcément un bien : les difficultés que nous traversons portent en germe un sérieux risque de dérives autoritaires, de demande d’ordre. Elles exacerbent les contradictions d’intérêt entre les grands Etats. Loin de nous inciter à l’inaction, ces risques sont autant de raisons de faire preuve d’une imagination renouvelée pour faire émerger des solutions viables et désirables aux défis auxquels l’humanité est confrontée. » Soulevant la question du court terme et de long terme, (en concluant qu’il n’est plus possible de les distinguer) il appuie sur la nécessité « d’agir sans attendre pour transformer nos modes de production et de consommation, et rendre nos modes de vie soutenables pour nous et nos enfants. » Il insiste également sur le fait qu’ « il n’y aura pas d’autre économie sans une démocratie élargie et approfondie ». Il n’est pas inutile d’observer que ce numéro est intitulé : « Et si on changeait tout… »
« Et si on changeait tout… », voila bien la question. Comment ? Par une approche démocratique, en mettant les enjeux entre les mains des citoyen-nes. C’est d’ailleurs l’objectif que poursuit modestement l'AVA-89.
Energie et consommation
Ces questions se posent en liaison avec celle du développement durable, de la nécessité de transformer nos modes de production et de consommation. Sans négliger l’avalanche des hausses de l’essence, du fuel, du gaz.
Et si on parlait de la souveraineté alimentaire ?
Les aliments de bases sont aujourd’hui l’objet de spéculation. Dans le monde, des hommes meurent de faim à cause de cela. En France, des familles sont sous ou mal alimentées. La sécheresse qui se développe en ce moment : quelles répercussions en terme de coûts alimentaires ? L’eau : il faut agir pour une maitrise publique de l’eau, l’assainissement…
Les agro-carburants ?
L’Yonne est « maillot jaune de la culture du colza ». Mais 30 à 40% est transformé en biocarburant. Remède miracle face à la dépendance pétrolière ? Au contraire, ils constituent une menace pour l’humanité car ils sont en tête des causes de la déforestation (Brésil, Inde…).Ils sont également à l’origine de la recrudescence de la faim dans le monde, car directement en concurrence avec les cultures vivrières.
Mainmise des multinationales sur les semences
Les paysans sont en situation de dépendance vis-à-vis des semenciers qui détiennent les brevets de leurs plantes, une dépendance parce que les gênes de la plante programment la stérilité de celle-ci, ce qui empêche les paysans d’ensemencer leurs champs avec le fruit de leurs dernières récoltes. Les obligeant ainsi à racheter chaque année aux multinationales de quoi semer (4 à 5.000 euros l’hectare avec les semenciers contre 300 euros l’hectare lorsque le paysan utilisait ses propres semences).
Défi alimentaire
Beaucoup de questions : comment nourrir la population mondiale (9 milliards d’individus à l’horizon 2050) ? Pesticides : n’est-ce pas d’abord de l’argent et du productivisme ? Mais « faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? La production agricole d’aujourd’hui est-elle de plus mauvaise qualité que celle d’hier ? » Ne faut-il pas interdire la spéculation sur les productions agricoles (le blé est parfois acheté avant qu’il ne soit récolté). Ne faut-il pas empêcher les banques d’affaires de spéculer sur les terres agricoles ? (elles le font dans la perspective de futures pénuries alimentaires).
Du global au local
Global : pouvons-nous faire face au défi alimentaire dans le cadre de la mondialisation actuelle, soumise au diktat de l’argent et du profit maximum ? Avec la libre circulation des marchandises, le libre-échange ultralibéral, avec une concurrence libre et non faussée inscrite dans le traité de constitution européenne.
Local : ne faut-il pas développer l’agriculture de proximité, les circuits courts…
Qu’est-ce que le développement économique durable ?
Décroissance : le débat est ouvert
Croissance, décroissance, pour qui ? Est-ce que la croissance ne doit être que matérielle, basée uniquement sur une quantité de produits à acquérir ? On nous dit que le capitalisme est efficace car il permet de produire toujours plus, mais il y a de plus en plus de pauvres et d’inégalités.
La recherche de la croissance pour la croissance ne peut être un objectif
Le terme de décroissance est souvent utilisé pour dénoncer le culte de la croissance. Mais ce terme est ambigu. Parler de décroissance quand des milliers de travailleurs subissent la crise économique, ce n’est pas la meilleure façon d’éveiller les consciences.la majorité de la population mondiale est-elle victime de la société de consommation ? Comme le dit P. Ariès : « la décroissance économique des riches est la condition d’une croissance de l’humanité »
La croissance définie comme l’augmentation durable du PIB repose sur un champ restreint d’activités humaines, et ne prend pas en compte des aspects de la vie qui ont un impact sur le bien-être. Par exemple : les conséquences sur l’environnement de la façon de produire ou la façon dont sont réparties les richesses crées.
Le développement durable, n’est-ce pas exiger une amélioration des conditions de vie qui soit compatible avec la préservation de l’environnement.
Cette forme de développement est incompatible avec le système capitaliste, la logique de l’argent pour l’argent l’accumulation, la concurrence des capitaux impliquant la recherche toujours plus grande et plus rapide de profits. Et cela au détriment des préoccupations environnementales et sociales.
La faute au progrès ?
Faut-il dénoncer la science, l’idée de progrès et valoriser les cultures traditionnelles, la vie rurale, la société pré-industrielle. Beaucoup de gens pensent que « la science apporte à l’homme plus de mal que de bien, que le chômage est la rançon du progrès ». Ne faut-il pas revendiquer le droit à l’information et à la connaissance sur les enjeux des sciences et des technologies ? Ni neutre, ni fatal, le progrès scientifique et technologique est au cœur des choix de société.
Produire quoi, pour qui comment ?
Le système capitaliste a imposé sa vision du monde où tout s’achète et tout se vend. Quels indicateurs pour la mesure du progrès ? Le PIB mesure la production marchande et monétaire. « Il additionne choux et navets. » Produire autrement, en rompant avec la logique du profit, avec le productivisme (notamment agricole). Produire des biens et des services choisis en fonction de leur valeur d’usage, c’est à dire son aptitude à satisfaire un besoin social précis. Diminuer le temps de travail, pour donner à chacun plus de temps pour s’occuper de soi et des autres, développer des activités d’utilité sociale, éducative, sportive, culturelle… Assurer à chacun-e un revenu suffisant pour vivre et redéfinir la place du travail rémunéré dans nos vies. Consommer en fonction de ses besoins réels. Développer des productions de proximité et de qualité (alimentaire par exemple) suppose une augmentation du pouvoir d’achat car il faudra payer le producteur au juste prix.
Répartition des richesses
Cela se pose entre pays (riches, émergents, pauvres) et à l’intérieur de ces pays (entre riches et pauvres). Le développement durable peut-il être mis en œuvre sans une vaste politique de redistribution des richesses, ce qui revient à poser la question de l’égalité au sein de chaque société, comme à l’échelle mondiale. Plus facile à dire qu’à faire ! Les gens envisagent difficilement que cela soit possible, et comment. Quand nous parlons de la croissance, à quel niveau l’envisageons-nous ? L’Yonne ? La Bourgogne ? La France ? L’Europe ? Le monde ? Les pays émergents veulent avoir droit au développement, à l’énergie. Ne faut-il pas poser ces questions en termes de régulation mondiale ? Et alors, que fait-on ? Comment peser sur les décisions ? Peut-on concevoir la lutte des classes comme hier ?
Comment répondre à la demande énergétique, tout en respectant l’homme et la planète ?
La catastrophe de Fukushima, après celle de Tchernobyl, relance le débat sur l’avenir de la filière nucléaire.
En sortir :
Arrêter le nucléaire ? « Je veux encore voir clair chez moi et me servir de mon ordinateur ». Oui mais une catastrophe nucléaire ne peut pas se comparer à un autre accident aux conséquences humaines; s’ajoute le fait que « des zones peuvent être interdites pendant des centaines d’années ». La sûreté est « incompatible avec les impératifs de rentabilité ». La question du statut (privé ou public) des entreprises du secteur se pose : EDF a recours de plus en plus à l’externalisation et à la sous-traitance.
A quel prix ? « Et si on avait les vrais coûts du nucléaire ? »
Les déchets ? Sait-on réellement les stocker de façon sure et durable ?
Peut-on et faut-il en sortir ?
Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire a déclaré « on ne peut pas garantir qu’il n’y aura jamais d’accident grave en France ». À ce jour, l’Autriche qui ne dispose d’aucune production à base nucléaire, a une production énergétique à base d’énergie renouvelable à hauteur de 62%
Des économies d’énergie seraient possibles grâce à des équipements plus économes en consommation
Ce n’est pas une question d’experts, c’est aux citoyens de s’approprier le débat.
Réinventer la démocratie
« Aujourd’hui le citoyen perd de plus en plus en plus la faculté de s’exprimer, et quand il le fait, c’est dans le vide …».
Démocratie ?
«Nous assistons à un regroupement forcé des communes, c’est le préfet qui décide des contours du regroupement. Alors que tout cela devrait résulter de la libre volonté des communes et des habitants… »
Exercer son rôle de citoyen ?
Lors du referendum sur le Traité Constitutionnel Européen « les citoyens ont donné leur avis, qu’est-ce qu’ils en ont fait ? » mais l« le peuple est-il capable de réfléchir aux questions scientifiques et techniques, par exemple le nucléaire ? ».
Débat démocratique, oui, mais « ne faudrait-il pas donner quelques pistes de réflexion aux gens ? » Il y a un « grand besoin de propositions pour des changements palpables »…
Du local au mondial:
« Être cohérent en abordant les problèmes du national au mondial »… « Quelles réponses face aux structures économiques mondiales? »…
Il faut « exiger que les choix scientifiques et technologiques soient soumis au débat et aux décisions démocratiques. Le droit à l’information, à la connaissance dans les domaines aujourd’hui réservés aux « experts » serait bénéfique au progrès scientifique lui-même et à la société ».
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Vie de l’association
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Prochaine réunion de l’atelier AVA-89
mardi 14 juin 2011 de 18 h30 à 21 h,
à Auxerre, salle Anna, maison Paul Bert (rue Germain Benard)
Sur la thématique (à préciser):
La formation des prix.
Le groupe de travail chargé de préparer cette soirée du 10 mai est composé de Claude Bailly, Daniel Picq, Claude Michel.