Partager l'article ! atelier du 14 juin 2011: la formation des prix: 22 présent-e-s ; 18 excusé-e-s Le groupe de travail chargé de ...
mardi 29 mai 2012
de 18h45 à 21 h à Auxerre,
salle Anna, maison Paul Bert
analyse des réponses à notre questionnaire faites par les candidat-e-s aux législatives dans l'Yonne
AVA pour Atelier Vérité sur l'Argent;
89 pour le département de l'Yonne.
L’AVA-89 souhaite apporter sa contribution aux réflexions sur la nécessité d’une refondation de l’économie.
L’AVA-89 ne se substitue pas aux organisations syndicales ou politiques. Elle ne s’immisce pas dans les débats, les réflexions internes des partis politiques sur les stratégies électorales.
L’AVA-89 n’a qu’un seul objectif : construire un espace commun à toutes celles et tous ceux qui estiment que la question d’une autre utilisation de l’argent est essentielle, que la définition de nouveaux critères d’efficacité des gestions, que la conquête de droits nouveaux pour l’intervention dans les gestions ne le sont pas moins.
L’AVA-89, c’est une association de personnes qui, dans leur diversité, ont décidé de ne pas laisser l’économie dans les mains des seuls « experts ». Elle ambitionne, dans une démarche d’éducation populaire, de développer l’information, la formation, le débat sur le terrain de la politique économique, des choix qui sont faits et des raisons pour lesquelles ils le sont, des moyens permettant un changement du système économique et de la gestion.
L’AVA-89, ça fonctionne comment ?
L’organisation et le déroulement des soirées sont décidés par les participant-e-s. Elles sont préparées par un groupe de travail décidé ensemble lors du choix du thème. Ce groupe de travail pratique l’audition de militant-e-s, d’élu-e-s, de personnalités ayant des compétences sur la thématique qui sera abordée.
C’est où ? C’est quand ?
Les réunions de l’atelier se déroulent tous les deux mois environ, le mardi à Auxerre.
Pour des raisons techniques, les documents, fiches et autres comptes rendus de l'atelier seront publiés sous forme d'articles, et repérés dans les catégories conrrespondantes.
Ci-dessous, vous ne trouverez donc qu'une partie de nos "archives".
22 présent-e-s ; 18 excusé-e-s
Le groupe de travail chargé de préparer cette soirée se composait de Claude Bailly, Claude Michel, Daniel Picq. Un document préparatoire a été envoyé (consultable sur le blog).
Questions d’actualité:
Brigitte Picq Debelle est intervenue sur la situation de Lafarge: « Lafarge ciments a annoncé le 25 mai la fermeture fin 2012 de son usine de Frangey (Lézinnes). Cette unité emploie 74 personnes, et induit plusieurs centaines d’emplois dans le Tonnerrois. Pour justifier la fermeture de ce site en activité depuis 1930, la direction invoque une « surcapacité » des fours par rapport à l’état actuel du marché national, et un coût de production trop élevé. Faux ! rétorquent les salariés : s’il y a surcapacité, c’est que les clients ont été orientés vers des fournisseurs concurrents durant la crise… Le groupe Lafarge est présent dans 78 pays. Sa stratégie : baisser l’investissement de maintien essentiel de l’outil de travail en France, et parallèlement investir fortement dans les pays émergents où la direction estime que la croissance sera plus forte, avec une main d’œuvre particulièrement bon marché. Le groupe Lafarge n’est pas aux abois : sa rentabilité se situe en France autour des 30% (en période de crise ou en période normale). A titre de comparaison, il se situe autour de 4% pour le secteur automobile. Les 8.000 salariés de la filière ciment (dont 1500 en France) produisent 60% des richesses du groupe (chiffre d’affaires de 16,2 milliards d’euros en 2010).
Des questions se posent :
> Le groupe Lafarge a-t-il bénéficié ou bénéficie-t-il en ce moment de mesures de soutien de l’Union Européenne ? De l’état ? De la région ? Du département ? Et si oui, lesquelles ? quels comptes lui demande-t-on ?
> Quelles mesures sont prises par les représentants du gouvernement pour empêcher les délocalisations et pour faire respecter le droit au travail ?... »
Contre l’idée d’une 2° journée de solidarité (Pentecôte) :
au lieu de faire payer les salariés, pourquoi ne pas demander aux actionnaires de reverser une semaine de leurs dividendes pour financer la dépendance ?
Aménagement du territoire:
hôpital d’Avallon en lutte, services publics en souffrance, réforme des collectivités territoriales… Il faudrait procéder à un état des lieux : besoins des populations, avenir des communes avec les nouvelles territorialités, transports ferroviaires (TER, TGV, fret), la Poste… Le collectif Services Publics 89 est un outil précieux.
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Formation des prix
Daniel Picq est revenu sur certains points du document préparatoire.
Le prix :
C’est le reflet monétaire de la valeur d’échange des marchandises. Les valeurs d’échanges entre quantités diverses de marchandises d’utilité sociale différente (ou de valeur d’usage différente) sont mesurées par le travail, c’est à dire par le travail dépensé en moyenne pour produire ces marchandises (travail qui comprend le temps déjà dépensé pour produire les machines, équipements et aussi les matières premières, l’énergie…)
La monnaie :
Hier, elle était un moyen pour l’échange visant à satisfaire des besoins humains. Aujourd’hui, les besoins humains sont devenus des moyens d’enrichissement des uns au détriment des autres. Avec la domination d’une circulation purement monétaire sur l’ « économie réelle ». Cette logique subordonne les vies humaines à des impératifs de rentabilité financière sans rapport avec les besoins et les valeurs humaines.
Le mécanisme de formation des prix:
Le prix apparaît comme un phénomène déterminé par la concurrence, elle-même liée à la loi de l’offre et de la demande. Mais ce mécanisme peut être affecté par d’autres facteurs : la spéculation, les situations de monopole, la pénurie… Aujourd’hui, le marché est dominé par les grandes entreprises et celles-ci sont en situation de déterminer le prix de vente ou d’achat. La structure de ces grandes entreprises peut permettre de contrôler entièrement le marché ou de soumettre un certain nombre d’entreprises (PME - PMI) à la pression des grands groupes. Le prix dans ces conditions assure à ces grandes entreprises le maximum de profits possible, ou le taux le plus élevé possible de profits.
La spéculation:
Depuis une dizaine d’années, des spéculateurs financiers (fonds d’investissements, banquiers d’affaires…) à la recherche de gisements de rentabilité élevés, se précipitent dans des opérations de spéculation, faisant monter les prix. Les gestionnaires de ces fonds spéculatifs sont capables d’anticiper les hausses et surtout les retournements à la baisse des marchés, de spéculer à la hausse comme à la baisse des cours. Les grands groupes, les multinationales et les fonds d’investissement disposent d’énormes réserves de liquidités qu’ils valorisent en spéculant sur l’ensemble des matières premières dont le pétrole, les denrées alimentaires....
Aujourd’hui, les spéculateurs parient non pas sur le cours du blé ou du lait, mais sur le prix des produits dérivés liés à ces marchandises. Hier un producteur pouvait acheter le droit de vendre son blé ou son lait dans plusieurs mois à un prix fixé d’avance : il le faisait pour se protéger des effets éventuels d’une baisse des cours. A l’inverse, un producteur de yaourts a recours à de nouveaux produits financiers (contrats dérivés) pour éviter les conséquences d’une hausse du lait. Avec ces contrats de produits dérivés, les spéculateurs ont pour seuls objectif d’en retirer un rendement élevé et rapidement (ces contrats représenteraient désormais 80% des transactions sur les produits alimentaires).
Ces spéculateurs se sont appuyés sur les progrès des nouvelles techniques de l’information et de la communication (NTIC) comme de la finance mathématique pour intervenir de façon de plus en plus sophistiquée dans des opérations financières qui mêlent : placements, endettement et spéculation. Ces pratiques ont été facilitées par la déréglementation financière (libéralisation des marchés financiers, liberté totale des mouvements de capitaux, y compris vers les paradais fiscaux…)
L’inflation:
Celle-ci serait due aux salaires et aux prélèvements sociaux nous dit-on. Il s’agit d’un thème de propagande récurrent qui prolonge celui du « cycle infernal des salaires et des prix ». C’est une idée fausse.
L’inflation n’est pas le fait des salariés, puisque la rémunération du travail et des prestations sociales sont en recul par rapport à la hausse des dépenses incompressibles pour les ménages. Ce ne sont pas non plus les finances publiques puisque, là encore, elles baissent dans le produit intérieur brut (PIB) selon l’OCDE. La part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises est maintenant de 66% (soit 5 à 6 points en dessous de son niveau de la fin des années 70). Les actionnaires eux ont réussi à augmenter de 80% leur part du gâteau.
La France est devenue un pays à bas salaires. 8 millions de salariés, soit 4 sur 10, ont une rémunération inférieure à 1,33 SMIC. La qualification, la formation, sont de plus en plus mal rémunérées. Alors qu’à l’autre bout, les rémunérations des patrons et dirigeants des grandes entreprises explosent, les dividendes augmentent.
Les frais financiers:
Il y a des coûts dont on parle peu comme les frais financiers (cout du crédit et bénéfices des banques, rendements pour les actionnaires à 2 chiffres qui dépassent parfois 20%). La contrepartie de ces objectifs élevés de rentabilité financière, c’est l’amputation des moyens humains et matériels de production.
Des frais parasitaires:
Et puis il y a des frais parasitaires qui pèsent sur les prix comme les dépenses de publicité : pour la pharmacie, les dépenses de publicité sont plus importantes que les dépenses de recherche !
Situation économique et sociale dans l’Yonne
L’objectif des grands groupes, c’est d’acheter au meilleur prix n’importe où, d’où les délocalisations. La relation production-territoire ne compte plus dans les décisions des groupes. Il y a une irresponsabilité sociale totale du groupe Lafarge à l’égard des familles du tonnerrois.
La situation économique se dégrade dangereusement : avant Lafarge, il y a eu dans le Tonnerrois Steli, Petit Bateau, la fromagerie Paul Renard. Dix millions d’euros ont été versés par les collectivités territoriales et aucune entreprise de taille importante (ou moyenne) ne s’est implantée. Dans l’Auxerrois, c’est la même chose ; il y a eu NRI, Fulmen… et aujourd’hui les friches industrielles. Il faut prendre conscience de l’état de dégradation dans lequel nous sommes arrivés.ne faut-il pas plus fortement exiger le droit à l’information sur l’utilisation de l’argent public destiné au développement économique et à l’emploi ?
Les services publics sont démantelés ou l’objet de fermetures. Les secteurs dits « rentables » sont externalisés. L’hôpital d’Avallon risque de perdre sa chirurgie et ses urgences.
Mise en cause des droits sociaux, déshumanisation…
Nous assistons à un détricotage du Code du Travail, à une déréglementation dont le but est la précarisation, en particulier de la jeunesse, et à une déshumanisation des rapports humains. Une organisation du travail conçue uniquement pour la recherche du profit maximum, à n’importe quel prix. Et le gouvernement pèse, y compris au sein du Ministère du Travail, dans ce sens, au détriment de l’accueil et d’une information efficace des travailleurs en difficultés. Syndicats et mouvements sociaux comme « les indignés » sont très importants.
Penser d’autres rapports de production entre les hommes
L’emploi croissant d’outils informatiques dans la production est utilisé pour baisser les « couts du travail » avec l’externalisation de toutes les fonctions en dehors du « cœur de métier » : pressurisation des fournisseurs et sous traitants, délocalisations, exportations de capitaux. Ils obligent aussi à repenser l’organisation économique et sociale. Mais il faut choisir : salaires ou dividendes des actionnaires. Crédit bancaire pour la spéculation ou pour l’activité utile. Il est urgent de changer d’orientation économique et sociale. Comment ? Suffit-il d’améliorer le capitalisme, de composer avec lui, de le transformer en « capitalisme populaire » ? Ou rompre avec les logiques économiques dominantes, avec un système dont la finalité n’est pas les besoins humains mais le profit maximum. Pas de changement sans rupture. Comment ? en intervenant au bon endroit, là où est l’argent, où se prennent les décisions. En remettant en cause les orientations et traités de l’Union Européenne. En agissant pour faire reculer la domination des marchés financiers…
Les hausses de prix
En 2006, les dépenses contraintes (logement, assurances, électricité, gaz, télécommunications) représentaient déjà plus des ¾ des revenus des 20% des ménages les plus pauvres. Elles continuent de s’alourdir.
Les inégalités de santé se creusent, les dépassements d’honoraires, le reste à charge (franchises, déremboursements, forfaits hospitaliers,…) sont en constante augmentation. Le renoncement aux soins explose : 23% de la population en 2010, contre 11% en 2009.
L’état racketeur avec la fiscalité ponctionne le budget des ménages par exemple la TVA et la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) représentent 60% du prix du litre de super sans plomb.
Formation des prix
Ne faut-il pas s’intéresser à la comptabilité des grandes entreprises, par exemple aux provisions financières multiples : amortissements gonflés, revenus des dirigeants et patrons, coûts sociaux de la gestion patronale (l’insuffisance des effectifs et de la formation, l’intensification du travail, les rebuts, les retouches dont le coût est facturé).
Quelles propositions avancer ?
Des mesures immédiates comme le blocage des prix, la modulation des taxes sur les carburants. Agir pour une augmentation importante des salaires et des pensions. Faut-il proposer l’instauration de tarifs sociaux ? La réflexion est à poursuivre.
Contribuer à la compréhension des enjeux, des causes de la crise, élaborer des propositions
Les campagnes de division sur les « assistés », contre les allocataires du RSA, ne sont pas sans effets. Il faudrait évoquer les « assistés patronaux » qui creusent les déficits publics avec les exonérations de cotisations patronales et les cadeaux fiscaux.
Plusieurs remarques sont faites sur : l’utilisation des nouvelles technologies de l’information, le développement du travail d’éducation populaire, la vulgarisation des travaux de l’AVA-89.
À suivre!
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Vie de l’association : quelques éléments pour un bilan
Les réunions de l’AVA-89
7 réunions : 5 réunions thématiques, les 2 premières réunions ayant été en grande part consacrées à la décision de transformer l’AVA-89 en association.
Les thèmes abordés: « sortie de crise ou crise durable ? », « Buts, démarche et avenir de l’AVA-89 », « La crise des finances publiques, les déficits et l’efficacité économique », « Nationalisations, démocratisation, critères de gestion, efficacité économique et sociale », « Transformer la monnaie européenne ou l’abandonner? Agences de notation et démocratie? », « Développement économique durable et démocratie. Energie, consommation... », « Formation des prix ».
Participation moyenne: 24 participant-e-s; 24,8 pour les réunions thématiques. On peut noter une augmentation par rapport à l’année précédente, puisque la moyenne de participation se situait à 17 environ.
Groupe de travail : sur les 5 réunions thématiques, il a concerné 9 personnes. Nous avons ainsi élargi le nombre des animateurs de l’AVA-89.
Le rayonnement de l’AVA-89
Documents : les fiches, comptes rendus, documents de l’AVA-89 sont envoyés par courrier papier ou par courriel.
Nous avons du mal à mesurer l’impact de ces envois, mais nous avons parfois des retours sur telle personne qui reproduit et distribue autour d’elle, telle autre qui transfère les messages… Démarche à encourager! Pour certains, ces documents produits par l’atelier sont des outils utilisés et appréciés. Nous avons cependant encore beaucoup à gagner en diffusion.
Le blog : il est mis à jour, mais ne joue finalement qu’un rôle d’archivage de nos travaux. On note cependant une augmentation des abonnements à notre newsletter.
La médiatisation : une de nos réunions a été très bien a annoncée par l’Yonne Républicaine, cela a permis un élargissement. Nous avons sans doute des progrès à faire. (annonces, comptes rendus,…)
Intervention sur la scène icaunaise : suite à notre atelier sur la monnaie du 29 mars, l’AVA-89 a initié une rencontre sur le « pacte pour l’euro+ ». On peut peut-être se demander si c’est bien son rôle.
Commentaire: la qualité de notre travail est certes reconnue, mais elle a un effet pervers: l’impression qu’il faut être « spécialiste » pour y participer. Nous devons sans doute faire preuve de « pédagogie » en mettant en avant notre mode de fonctionnement, notre but d’éducation populaire, de construction et d’appropriation de savoirs sur ces questions économiques. Il s’agit de reprendre ainsi du pouvoir en ce domaine, c’est un enjeu démocratique. Savoir, c’est reprendre du pouvoir sur sa vie.
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Prochaine réunion de l’atelier AVA-89
Assemblée générale de l’AVA-89
mardi 6 septembre 2011
de 18 h30 à 21 h, à Auxerre, salle Anna, maison Paul Bert, rue Germain Benard
Ordre du jour:
Bilan 2010-2011 et perspectives pour 2011-2012
Bilan financier
Renouvellement du bureau
1ère réunion thématique: mardi 11 octobre , même lieu
Thème (à préciser) : production agricole, circuits de distribution
Le groupe de travail (à renforcer!) chargé de préparer la soirée d’octobre est composé pour l’instant de Thierry Picq et Brigitte Picq Debelle.
Bonnes vacances à toutes et tous!