Partager l'article ! compte rendu de l'atelier du 7 février 2012: Création monétaire, la financiarisation de l’économie, l’endettement généralisé, quelques ...
mardi 29 mai 2012
de 18h45 à 21 h à Auxerre,
salle Anna, maison Paul Bert
analyse des réponses à notre questionnaire faites par les candidat-e-s aux législatives dans l'Yonne
AVA pour Atelier Vérité sur l'Argent;
89 pour le département de l'Yonne.
L’AVA-89 souhaite apporter sa contribution aux réflexions sur la nécessité d’une refondation de l’économie.
L’AVA-89 ne se substitue pas aux organisations syndicales ou politiques. Elle ne s’immisce pas dans les débats, les réflexions internes des partis politiques sur les stratégies électorales.
L’AVA-89 n’a qu’un seul objectif : construire un espace commun à toutes celles et tous ceux qui estiment que la question d’une autre utilisation de l’argent est essentielle, que la définition de nouveaux critères d’efficacité des gestions, que la conquête de droits nouveaux pour l’intervention dans les gestions ne le sont pas moins.
L’AVA-89, c’est une association de personnes qui, dans leur diversité, ont décidé de ne pas laisser l’économie dans les mains des seuls « experts ». Elle ambitionne, dans une démarche d’éducation populaire, de développer l’information, la formation, le débat sur le terrain de la politique économique, des choix qui sont faits et des raisons pour lesquelles ils le sont, des moyens permettant un changement du système économique et de la gestion.
L’AVA-89, ça fonctionne comment ?
L’organisation et le déroulement des soirées sont décidés par les participant-e-s. Elles sont préparées par un groupe de travail décidé ensemble lors du choix du thème. Ce groupe de travail pratique l’audition de militant-e-s, d’élu-e-s, de personnalités ayant des compétences sur la thématique qui sera abordée.
C’est où ? C’est quand ?
Les réunions de l’atelier se déroulent tous les deux mois environ, le mardi à Auxerre.
Pour des raisons techniques, les documents, fiches et autres comptes rendus de l'atelier seront publiés sous forme d'articles, et repérés dans les catégories conrrespondantes.
Ci-dessous, vous ne trouverez donc qu'une partie de nos "archives".
Création monétaire, la financiarisation de l’économie, l’endettement généralisé, quelques perspectives.
28 présent-e-s ; 11 excusé-e-s.
Pas de groupe de travail pour préparer cette séance :
C’est Thierry Picq qui a assuré le bon déroulement de la projection.
La vie et l’activité de l’AVA-89
Contrairement aux habitudes, la réunion de l’atelier a débuté par une discussion sur l’activité et le fonctionnement de l’AVA-89.
Activité : il est nécessaire de mieux travailler la communication en particulier en direction des médias.
Après le débat du 6 décembre à Auxerre, qui a réuni 120 personnes sur le thème de la dette publique, la proposition visant à la création d comités locaux pour un audit citoyen de la dette n’a pu se concrétiser, malgré les relances qui ont été effectuées.
Fonctionnement : comment élargir encore la participation ? Ne faut-il pas décentraliser l’activité de l’AVA-89, ou créer des antennes dans certaines villes du département ? Ne faut-il pas organiser une réunion tous les mois dans des lieux différents et sur le même thème ?la répercussion de notre travail, c’est aussi la diffusion des comptes rendus, l’édition des fiches argumentaires. Il faudrait approfondir davantage les thèmes, ce qui suppose de mieux préciser les questions que nous voulons aborder. Par exemple : le « modèle » allemand, la TVA sociale, la démocratie et les marchés financiers…
L’atelier fonctionne sur la base de la co-élaboration et de la codécision. L’AVA-89 a sa spécificité : les soirées se déroulent sans conférencier extérieur au département. Le travail s’effectue en interne et s’appuie sur les documents, les travaux d’économistes, de sociologues, de syndicalistes, d’associations L’objectif de l’AVA-89 c’est d’aider les participant-e-s à jouer un rôle dans le débat public.
-----------------------------------------------------
L’introduction traditionnelle a été remplacée par le visionnage du DVD réalisé par l’association Réséda qui présente ainsi sa vidéo : « D’où vient l’argent ? Saviez-vous que c’est
le système bancaire privé qui, grâce au crédit, nous promet de l'argent dont il ne dispose pas forcément ? Que grâce à ce pouvoir les banques se livrent à une création monétaire démentielle ? Que
cet excès d’argent alimente les bulles spéculatives au détriment de l’économie réelle ? Et qu’au final, si l’émission monétaire par le crédit n'est qu’une promesse, en revanche les dettes, elles,
sont bien réelles pour les ménages, les entreprises et les États ?
Nous voilà piégés dans un drôle de paradoxe : il n'y a jamais eu autant d'argent créé et pourtant jamais il n’a autant manqué ! Alors que faire ? D’abord y comprendre un peu quelque chose…
Ce film pédagogique entend contribuer au débat public sur toutes ces questions complexes et d’une brûlante actualité. Un film pour en parler, pour argumenter, pour avancer. »
Le film "FAUSSE MONNAIE ? VRAIES DETTES !" a été construit sous forme de 4 chapitres (diffusés également sur Internet) : la création monétaire, la financiarisation de l’économie, l’endettement généralisé, quelques perspectives.
Pour favoriser le débat, nous n’avons pas diffusé le premier.
------------------------------------
Ce que montre la vidéo :
La vidéo permet de bien cerner les causes de la crise et les évolutions du système.
Les accords de Bretton Woods en 1944 débouchent sur un nouveau système monétaire international, mais les institutions issues de Bretton Woods (FMI, Banque mondiale) ont assuré l’hégémonie du dollar (la monnaie américaine était rattachée à l’or).
En 1971, les Etats Unis ont décidé de mettre un terme à l’indexation du dollar sur l’or. En France, une loi adoptée en 1973 à l’Assemblée Nationale (Pompidou-Giscard) interdit au Trésor Public d’emprunter directement à la Banque de France (qui pratiquait des taux faibles). En 1974, les dirigeants de grandes puissances entérinent la fin du régime des taux de change fixes entre les monnaies au bénéfice du régime flottant qui existe encore aujourd’hui.
Les traités européens (Maastricht, Lisbonne) avec l’indépendance de la BCE et sa monnaie ayant pour seul objectif : un euro fort pour attirer les capitaux mondiaux, avec le refus de soutenir l’emploi, les services publics…
Depuis les années 1970, un nouveau mode d’accumulation financière s’est installé progressivement. Les principaux acteurs du capitalisme contemporain ne sont pas les entrepreneurs, mais les investisseurs financiers. D’énormes pouvoirs sont aux mains des actionnaires regroupés, organisés pour orienter la gestion des entreprises en fonction du rendement financier et non des intérêts de la production.
Résultat : les crises financières se sont succédé. Le partage de la valeur ajoutée des entreprises privées a évolué en défaveur des salaires et en faveur des profits. Les dividendes versés aux actionnaires sont passés de 26% à 34% de la valeur ajoutée des entreprises. Les banques financent les aventures spéculatives et diminuent leurs activités de crédit aux PME. Partout les états ont décidé d’emprunter sur les marchés financiers et non auprès des banques centrales. Ils se sont mis sous l’emprise de ces marchés, subissant les variations des taux d’intérêt.
Beaucoup d’interrogations :
Il faudrait un nouveau Bretton Woods, oui mais pour changer quoi ?
Sur les marchés monétaires, les transactions concernant l’économie réelle représentent seulement 1,6% des échanges interbancaires.
Il faudrait opérer une marche arrière et revenir à l’économie réelle. Oui, mais des forces colossales s’y opposent. Et puis, y a-t-il une volonté politique pour juguler les forces de la finance ?
Il faudrait changer nos modes de vie, l’état de la planète, l’épuisement des ressources naturelles, le gaspillage va de toute façon imposer des changements. Oui mais qui vise-t-on dans ces changements de modes de vie ? Les travailleurs ? Mais eux ne spéculent pas. Ce n’est aux peuples de payer la crise.
Et les grandes entreprises, quant à elles, continuent leur politique de fusion-acquisition, restructurations, délocalisations, sous-traitance (avec très fortes pressions sur les salariés). Quels moyens avons-nous pour nous opposer efficacement à ces choix ?
A quel niveau agir ? 70% de nos lois sont faites à Bruxelles, il faudrait abandonner les traités de Maastricht et Lisbonne. Mais après, quoi faire à la place ? Sortir de l’euro ? Inscrire notre action dans un cadre national ? Ne faut-il pas repréciser les notions de peuple et de nation ? Sortir de l’euro et de l’UE, ou refonder l’Europe sur d’autres bases ?
Nous sommes dans un cercle vicieux : les banques privées prêtent aux états, à des taux usuraires. Pour rembourser la dette, les états ajoutent de l’austérité à l’austérité (la Grèce) jusqu’à compromettre l’activité économique. Ce qui aggrave la crise. Une question se pose : pourquoi ces choix ?parce que la crise est instrumentalisée pour faire passer en force le projet libéral ? Parce que les états défendent les intérêts de l’oligarchie financière ?
Que faudrait-il faire ?
Rappeler que seul le travail humain produit de la richesse. L’argent ne produit pas de richesses
Situer les responsabilités : il y a des gens qui profitent de la crise : les gros actionnaires
Intervenir dans le débat public sur la question de la dette. Aujourd’hui, on veut nous imposer une seule réponse : l’austérité.
Modifier les termes du débat sur l’endettement est essentiel. Le service de la dette publique (50 milliards d’euros par an) constitue le deuxième poste budgétaire après celui de l’Education nationale. Elle devrait faire l’objet d’un débat public : d’où vient-elle ? Un audit citoyen pourrait être le moyen d’un large débat démocratique.
Changer l’ordre des choses, mais sur qui nous appuyer pour y parvenir ? Les citoyens, la démocratie (audit citoyen…) agir pour une démocratie véritable, un changement de constitution…
Contribuer à une véritable réappropriation populaire de l’économie.
Comment ?
On ne s’en sortira pas avec des slogans et un discours incantatoire (« y a qu’à, faut qu’on). Quelles sont les réformes, quelle politique permettrait d’arriver à un monde meilleur que celui dans lequel ion vit ? Abandonner, supprimer, retirer… oui, et quoi d’autre à la place ? Nationaliser le crédit, oui, mais pour quels objectifs ?
Il faut mettre un coup d’arrêt à la financiarisation de l’économie, couper le lien finances-banques, développer un système financier public, assurer un financement des états par la BCE, mettre un terme à la stratégie des grandes entreprises qui consiste à augmenter la part des profits dans la valeur ajoutée au détriment des salaires. Il faut rompre avec le système de délégation concernant la gestion de l’argent et mettre le système bancaire sous contrôle citoyen.
Faire pression sur les banques, oui mais avec quels moyens ? Ne faut-il pas partir des projets de développement d’activités élaborés par les salariés eux-mêmes ? Partir aussi de projets concrets d’équipements publics ? En s’appuyant sur des relais institutionnels comme les régions.
L’AVA-89 a formulé des propositions, mais sont-elles reprises par celles et ceux qui devraient les porter ? On ne les entend pas.
-------------------
Activité de l'AVA-89
Il faudrait creuser un certain nombre de questions :
Décisions :
Lors de la prochaine réunion, réaliser une synthèse des propositions de l’AVA-89 depuis sa création. Dégager les plus importantes et interpeler les partis politiques, les candidat-e-s aux élections législatives sur ces propositions.
Un groupe de travail a été constitué pour préparer la réunion du 10 avril. (Patrick Hardouin, André Pacco, Daniel Picq, Brigitte Picq Debelle, Gérard Robert)
--------------------------------------
Prochaine soirée de l’AVA-89
mardi 10 avril 2012
de 18 h45 à 21 h, à Auxerre, salle Anna, maison Paul Bert
Thème retenu:
Synthèse des propositions de l’AVA-89 depuis sa création, en vue d’interpeler les partis politiques, les candidat-e-s aux élections législatives sur ces propositions.